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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Iran/États-Unis : ce « dégel » si difficile à vendre au Congrès US...

Face à la reprise des discussions sur le nucléaire entre l’Iran et les grandes puissances, l’administration Obama va sans doute avoir du mal à obtenir le soutien du Congrès, habitué à voter de lourdes sanctions contre Téhéran, et où l’hypothèse d’un allègement des sanctions risque d’être accueillie avec suspicion.
Si Téhéran a fait preuve d’ouverture et de dialogue lors des discussions de Genève la semaine dernière avec le groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine et Allemagne), les élus américains ont appelé les négociateurs à la prudence. Les détails du plan présenté par les responsables iraniens durant la réunion de Genève restent confidentiels, mais les discussions ont « été substantielles et tournées vers l’avenir », a affirmé la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Il est cependant aisé d’en discerner les contours. Les six pays veulent que la République islamique cesse d’enrichir de l’uranium à 20 %, un niveau qui permet un éventuel usage militaire, et qu’elle démantèle ses installations susceptibles de produire des armes nucléaires, en échange de la levée de sanctions internationales. Malgré un « dégel » des relations entre les deux pays, le président américain Barack Obama comme son homologue iranien Hassan Rohani vont avoir du mal à convaincre leurs propres camps qu’un accord est possible.
La sous-secrétaire d’État Wendy Sherman, représentante de Washington dans le 5+1, a demandé aux parlementaires américains d’attendre les résultats des négociations de Genève avant de voter de nouvelles sanctions, notamment celles contre le secteur automobile en attente d’examen par le Sénat américain. Elle doit rencontrer d’autres élus à portes closes avant la reprise des négociations les 7 et 8 novembre à Genève.
Mais de son côté, le président américain a le pouvoir de lever certaines sanctions qui étouffent l’économie iranienne. Selon le New York Times, la Maison-Blanche pourrait bien envisager de débloquer 10 millions de dollars d’actifs iraniens gelés aux États-Unis pour donner un peu d’oxygène au système bancaire iranien à genoux.

Des sanctions à terme contre-productives
Des experts estiment pour leur part que le maintien des sanctions pourrait « perturber » le délicat processus diplomatique. Joel Rubin, directeur de Ploughshares Fund, un centre d’études sur les questions de sécurité, explique que si les sanctions ont amené le nouveau président Rohani à la table des négociations, elles n’ont en aucun cas mis un terme à la politique nucléaire iranienne. Riche de 18 000 à 19 000 centrifugeuses, l’Iran doit d’ailleurs ouvrir en 2014 un réacteur à eau lourde à Arak.
« Demander aux Iraniens de démanteler leurs installations nucléaires est complètement déraisonnable et pourrait même saper les négociations », estime Alireza Nader, qui fait référence aux jusqu’au-boutistes du Congrès américain ou encore à Israël. « Aujourd’hui, nous devons nous assurer qu’ils ne transforment pas (leurs importantes infrastructures) en armement plutôt que de tenter de neutraliser totalement ce programme », ajoute-t-il.
L’arrêt total de l’enrichissement de l’uranium en Iran serait un idéal, pour Daryl Kimball, directeur de l’Association de contrôle des armements, mais cet objectif est « voué à l’échec ». L’alternative se situe selon lui entre « limiter le programme nucléaire iranien et instaurer de meilleurs garde-fous par l’Agence internationale de l’énergie atomique ou laisser les Iraniens développer leur programme d’enrichissement et l’hypothèse grandissante d’un conflit militaire ».
(Source : AFP)
Face à la reprise des discussions sur le nucléaire entre l’Iran et les grandes puissances, l’administration Obama va sans doute avoir du mal à obtenir le soutien du Congrès, habitué à voter de lourdes sanctions contre Téhéran, et où l’hypothèse d’un allègement des sanctions risque d’être accueillie avec suspicion.Si Téhéran a fait preuve d’ouverture et de dialogue lors des discussions de Genève la semaine dernière avec le groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine et Allemagne), les élus américains ont appelé les négociateurs à la prudence. Les détails du plan présenté par les responsables iraniens durant la réunion de Genève restent confidentiels, mais les discussions ont « été substantielles et tournées vers l’avenir », a affirmé la chef de la diplomatie...
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