Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Îles Maldives

L’eau azur, les coraux et... une bombe toxique

Thilafushi, surnommée l’« île poubelle », est délaissée par les autorités, par manque de fonds et de moyens.

À l’atterrissage, un désastre environnemental apparaît, notamment sur l’île de Thilafushi, à une demi-heure en bateau de la capitale Malé, et qui est une véritable décharge à l’air libre. Photo Roberto Schmidt/AFP

L’approche aérienne des Maldives offre une vue panoramique d’eaux azur et d’îles bordées de coraux, mais à l’atterrissage, des volutes de fumée révèlent également un désastre environnemental. L’île de Thilafushi, à une demi-heure en bateau de la capitale Malé, est entourée comme ses voisines d’eaux cristallines et de sable blanc qui ont rendu célèbre l’archipel comme destination privilégiée pour les voyages de noces des touristes les plus fortunés.
Mais aucun vacancier n’y met les pieds et aucun n’imagine que la fumée qui s’en échappe provient des ordures accumulées par les touristes et les autochtones auxquelles Fusin et d’autres ont mis le feu. Immigré venu du Bangladesh, il est l’un des employés de « l’île poubelle », la plus vaste décharge du pays, et est payé 350 dollars par mois pour 12 heures de travail par jour, sept jours sur sept. Sans autre équipement de sécurité que des chaussures à coquille en métal, il se hisse sur une montagne de déchets, les yeux larmoyants et la voix étranglée par quatre ans d’exposition aux fumées toxiques. Des bouteilles de bière – interdites aux musulmans de l’archipel mais largement proposées aux touristes – s’accumulent noircies à côté de piles de formulaires pour des transferts par bateau. Non loin, un masque de plongée attire l’attention de Fusin au milieu d’un tas de cartons de jus de fruits, de sacs en plastique et de légumes avariés. « Avant, nous séparions le papier du carton, mais l’entreprise n’en a plus les moyens », explique le gérant du site, Islam Uddin, en poste dans la décharge depuis 16 ans. Il déplore la négligence des gouvernements successifs et regrette que la privatisation conclue en 2008 avec un groupe de gestion de déchets indo-allemand n’ait eu comme résultat que de créer des soubresauts politiques.

« Ils sont morts »
 Seules les bouteilles en plastique, les moteurs à essence, les métaux et les papiers sont triés et envoyés en Inde, ce qui constitue le plus gros volume d’exportation des Maldives vers son voisin. Tout le reste, dont les déchets électroniques et les piles, part en fumée, et l’incinérateur haute technologie promis lors de la privatisation reste une chimère. « Les piles contiennent du plomb. Il y a également des produits avec du mercure. Tout cela peut facilement se retrouver dans la chaîne alimentaire », dénonce Ali Rilwan, un militant de l’ONG écologiste locale, Bluepeace Maldives. Tandis qu’il parle, des vagues viennent lécher le bord de la déchetterie qui s’étend rapidement vers la mer
depuis 1993, mais également en hauteur, formant l’un des points culminants de l’archipel. Le militant cite les chiffres du gouvernement selon lesquels chaque visiteur génère 7,2 kg de déchets par jour, contre 2,8 kg pour les habitants de Malé. Le million de touristes annuels représente trois fois le nombre de résidents de l’archipel.
Les autorités assurent qu’elles vont arrêter de brûler les déchets et que l’opérateur privé va commencer la construction d’un incinérateur. Le ramassage à domicile des ordures dans la capitale et le recyclage vont permettre d’améliorer la situation, ajoute un conseiller municipal de Malé, Ahmad Kareem. « Le projet en cours prévoit une surveillance de la pollution aérienne et de la mer près de l’île de Thilafushi, et il n’y aura aucune extension de la déchetterie », a-t-il affirmé. Le gérant de la décharge espère avoir de nouveaux engins pour déplacer et trier plus facilement les ordures.
Des pelleteuses cassées et des bulldozers s’accumulent juste à côté. Derrière lui se dresse une rangée de palmiers dont s’est débarrassé un hôtel, plantés de façon incongrue pour tenter d’embellir les lieux. Leurs troncs sont noircis et les feuilles manquent. « Ils sont morts », explique le responsable du site.
(Source : AFP)
L’approche aérienne des Maldives offre une vue panoramique d’eaux azur et d’îles bordées de coraux, mais à l’atterrissage, des volutes de fumée révèlent également un désastre environnemental. L’île de Thilafushi, à une demi-heure en bateau de la capitale Malé, est entourée comme ses voisines d’eaux cristallines et de sable blanc qui ont rendu célèbre l’archipel comme destination privilégiée pour les voyages de noces des touristes les plus fortunés.Mais aucun vacancier n’y met les pieds et aucun n’imagine que la fumée qui s’en échappe provient des ordures accumulées par les touristes et les autochtones auxquelles Fusin et d’autres ont mis le feu. Immigré venu du Bangladesh, il est l’un des employés de « l’île poubelle », la plus vaste décharge du pays, et est payé 350 dollars par...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut