C’est une fête de l’Adha sanglante qui attendait le Liban, et en tout cas la banlieue sud, si la vigilance de la force de sécurité déployée dans cette zone n’avait été efficace. C’est en effet de justesse que, lundi soir, une voiture de type Jeep Cherokee bourrée d’explosifs a été découverte dans un quartier très fréquenté de la banlieue sud, surtout à la veille du congé de la fête, garée sur le bas-côté de la route et prête à exploser. Un communiqué officiel de l’armée a d’ailleurs confirmé la nouvelle. Des sources de sécurité précisent que c’est la seconde voiture bourrée d’explosifs destinés à la banlieue sud qui a été découverte, l’autre ayant été abandonnée par son chauffeur (non identifié) dans la Békaa, dès qu’il a senti qu’il était suivi.
Selon les mêmes sources, il en resterait une, car les services de renseignements auraient été alertés sur l’existence de trois voitures piégées allant de la Békaa vers la banlieue sud de Beyrouth. Des mesures drastiques ont d’ailleurs été prises et, dans la banlieue chiite, malgré la fête, la vigilance est à son comble. Toutefois, la question qui se pose aux autorités concernées est la suivante : comment la Jeep Cherokee a-t-elle pu passer les barrages de fouilles dressés aux entrées de la banlieue sud, pour être heureusement découverte à temps au croisement de Maamoura? La question se pose avec insistance en cette période particulièrement délicate où toutes les données laissent prévoir une certaine recrudescence des troubles, dans le but notamment de mettre le Hezbollah en difficulté. Il s’agit, d’une part, de l’affaiblir et de le mettre en mauvaise position par rapport à ses partisans et à son environnement populaire en général et, d’autre part, d’exercer sur lui des pressions pour le pousser à retirer ses combattants de Syrie à l’heure où les médias parlent de plus en plus de l’imminence de la bataille de Qalamoun, dans le rif de Damas, le long de la frontière libanaise.
Le député du Baas originaire du Hermel Assem Kanso a d’ailleurs déclaré il y a deux jours qu’il prévoit « des jours sombres pour le Liban, avec l’approche de la bataille de Qalamoun » qui serait menée par l’armée syrienne et à laquelle le Hezbollah est censé participer. Si elle est lancée, cette bataille devrait donc avoir des répercussions sur le Liban, et en particulier sur le Nord et dans la Békaa, en raison d’abord de la proximité des deux secteurs et ensuite de l’interdépendance populaire, politique, sociale et confessionnelle des deux côtés de la frontière.
Indépendamment du fait toutefois que souvent une bataille annoncée avec tant de fracas n’a pas lieu, le Hezbollah refuse de démentir ou de confirmer son éventuelle participation aux combats de Qalamoun. Ses cadres, qui multiplient les déclarations au sujet de la formation du gouvernement et de la situation politique locale, évitent d’évoquer cette question. Sollicités, ils se contentent de rappeler la phrase du secrétaire général du parti dans un de ses discours, lorsqu’il avait déclaré : « Nous serons là où nous devrons être », ajoutant dans le discours qui a suivi l’explosion de Roueiss, le 15 août dernier : « S’ils croient nous décourager ainsi, ils se trompent. Nous doublerons nos effectifs en Syrie et, s’il le faut, j’irai moi-même, à la tête des moujahidine... »
Des sources proches du parti expliquent ainsi que pour le Hezbollah, la guerre en Syrie est vitale et qu’en y participant, il protège le Liban, ainsi que son projet de résistance. Les sources ajoutent qu’en dépit de la campagne totale menée contre lui, sur tous les plans, le Hezbollah affirme qu’il avait prévu toutes ces réactions. Il n’est donc pas surpris par ce qui arrive. Les mêmes sources ajoutent que, pour le parti chiite, le fait de mettre « sa branche armée » sur la liste européenne des organisations terroristes et le timing du nouveau mandat d’arrêt émis par le TSL à une cinquième personne accusée aussi d’être issue de ses rangs ne sont que des moyens de pression pour le pousser à changer d’attitude en Syrie. De même, les annonces internationales, régionales et locales d’appui à la déclaration de Baabda (à cet égard, les sources proches du Hezbollah relèvent que cette déclaration avait été adoptée au moment où l’intervention du 14 Mars et de ses alliés en Syrie était évidente, via le piège de Tell Kalakh où 15 Libanais du Nord avaient trouvé la mort et via le bateau Loutfallah 2, entre autres, alors que celle du Hezbollah était inexistante ; pourtant nul n’avait alors réclamé l’application de ce document...), la campagne médiatique et politique, les mesures prises par les pays du Golfe et l’attitude hostile de l’Arabie saoudite, ainsi que les tentatives de déstabilisation sécuritaire s’inscrivent aussi dans ce cadre.
Mais les sources proches du parti considèrent que cette campagne à la violence et la globalité d’un niveau encore jamais égalé confirme d’abord la justesse des choix du Hezbollah. Si la situation en Syrie n’était pas en train de basculer en faveur des forces du régime syrien, nul n’aurait critiqué la participation du Hezbollah aux combats et n’aurait réclamé le retrait de ses combattants. C’est pourquoi, le parti estime qu’en dépit de tout le tapage qui l’entoure, les choses évoluent globalement dans le bon sens...
Reste la question sécuritaire qui touche les citoyens et pas seulement le Hezbollah. Mais aux yeux du Hezb, celle-ci relève de la responsabilité de l’État et de ses services.
Pour mémoire
Une voiture piégée découverte dans la banlieue sud de Beyrouth
Selon les mêmes sources,...


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EN FAIT J'AURAIS AJOUTÉ À LA FIN DE L'ARTICLE... SI JE L'AVAIS ÉCRIT... UNE PETITE NOTICE : ET... RIRA TOUJOURS BIEN... QUI RIRA LE DERNIER !
12 h 24, le 19 octobre 2013