Des centaines de milliers de Vietnamiens sont venus saluer une dernière fois le héros de l’indépendance, le général Vo Nguyen Giap.Hoang Dinh Nam/AFP
Tout au long de cette dernière journée de funérailles nationales, une foule immense a rendu hommage à celui qui avait réussi à défaire à la fois les Français et les Américains. À quelque 500 kilomètres de la capitale, dans la province de Quang Binh où sa famille a voulu qu’il soit enterré, la foule était également au rendez-vous pour accueillir le cortège funéraire de l’homme décédé à l’âge de 102 ans.
Ignorant ses critiques contre le Parti communiste (PCV) à la fin de sa vie et trente années de mise à l’écart, le régime lui a offert des funérailles d’État, mettant en avant ses attributs de héros communiste comme pour renforcer sa propre légitimité. La mort du deuxième personnage le plus aimé du pays après le fondateur du PCV, Hô Chi Minh, est « une grande perte » pour le peuple et le pays, a déclaré hier à la télévision le secrétaire général du parti, Nuyen Phu Trong.
« Le général a donné sa vie entière au pays et au peuple », a de son côté déclaré son fils Vo Dien Bien dans un court discours rempli d’émotion.
Ce genre de rassemblement immense est rare au Vietnam, où le Parti communiste au pouvoir contrôle au millimètre la mise en scène des anniversaires officiels et où les manifestations politiques sont régulièrement dispersées par la force. Mis à l’écart sans ménagement par le régime ces trente dernières années, Giap restait immensément populaire, même chez les plus jeunes qui n’ont pourtant pas connu la guerre. En dénonçant publiquement à la fin de sa vie certaines dérives du régime, notamment la corruption endémique, le général avait offert un soutien implicite aux dissidents, tout en restant loyal au parti, selon les experts.
Certains ont vu l’émotion déclenchée par sa mort comme un symbole du mécontentement croissant des Vietnamiens envers leurs dirigeants. « Les gens veulent plus de Vo Nguyen Giap dans la vie du pays. Les problèmes auxquels nous devons faire face aujourd’hui ne sont pas pires que la guerre », a commenté l’historien Duong Trung Quoc sur la radio d’État, en référence aux difficultés économiques. « Nous voulons que nos dirigeants méritent leur poste. La mort de Giap nous a tous réveillés. »
(Source : AFP)


Cet homme a appris au monde libre de ne jamais plier l'echine .
19 h 03, le 14 octobre 2013