Aboud Sajad opère deux générateurs de 55 kilowatts dans son quartier du centre de Bagdad. Il raconte avoir 150 lignes, soit autant de clients. Sabah Arar/AFP
L’Irak est un des principaux producteurs mondiaux de pétrole. Mais son infrastructure électrique, durement éprouvée par la guerre et l’embargo qui frappait le régime de Saddam Hussein, est obsolète. Depuis une décennie, les pénuries sont si graves qu’aucune ville, en dehors du Kurdistan, ne dispose de courant 24 heures sur 24. En été, lorsque les températures atteignent 50 degrés, les pénuries sont aggravées par une demande accrue pour alimenter ventilateurs et systèmes de climatisation. Les coupures provoquent parfois des émeutes.
Pourtant, les ventes de générateurs sont en baisse. « Entre 2006 et 2010, je vendais 100 à 150 générateurs par jour. Depuis 2011, je n’en vends que 10 à 15 par semaine », dit M. Quraichi. Cela tient à la concurrence d’opérateurs privés dont les « générateurs de quartier » desservent un immeuble, ou même une rue, mais aussi à une amélioration du réseau national.
Aboud Sajad opère deux générateurs de 55 kilowatts dans son quartier du centre de Bagdad, installé dans un cabanon où un générateur tourne dans un bruit d’enfer. L’opérateur raconte avoir « 150 lignes », soit autant de clients. « On fournit de l’électricité de midi à six heures du matin lorsqu’il n’y en a pas sur le réseau public. » Ses clients payent 12 000 dinars (10 dollars) par mois et par ampère. Le contrat minimum de trois ampères « permet de faire fonctionner un réfrigérateur, la télévision, un ventilateur et la lumière », dit-il.
L’électricité est coupée lorsque le client excède sa quote-part. Il doit donc savoir gérer ses ampères, en débranchant par exemple le frigo le temps de faire fonctionner la machine à laver.
Les câbles électriques émergent du cabanon dans un enchevêtrement diabolique avant de partir à l’assaut des habitations voisines. « C’est un rude métier », explique Aboud Sajad, 37 ans, qui a été auparavant peintre de carrosseries de voitures et chauffeur de taxi. « Ca peut être dangereux. Lorsque deux fils se touchent ou touchent du métal ça peut mettre le feu », reconnaît l’opérateur. « Il faut être là jour et nuit pour surveiller les câbles et vérifier qu’il n’y a pas de surchauffe du générateur. » « En plus, si jamais le générateur s’arrête pour une demi-heure, tout le monde vient se plaindre », ajoute-t-il.
Lorsque l’électricité publique revient, l’opérateur coupe son générateur et tout le monde bascule sur le réseau public. Mais impossible de savoir pour combien de temps. Le réseau public « est trop instable », dit l’opérateur. « On arrive à générer 14 heures d’électricité par jour pour Bagdad, et 16 à 20 heures par jour pour la province », affirme le porte-parole du ministère de l’Électricité, Mousab al-Moudaris. La production « est aujourd’hui de 11 000 mégawatts. Nous espérons générer 13 000 MW d’ici à la fin de l’année, et 20 000 d’ici à la fin 2014 ». « Nous avons besoin de 16 000 MW au pic de l’été », affirme-t-il. Un objectif qu’il espère atteindre avant les grandes chaleurs de l’été prochain.
Dire que le problème de pénurie sera résolu en fin d’année est « irréaliste », reconnaît Suzanne al-Saad, membre de la commission parlementaire de l’Énergie. « Il y a encore beaucoup de problèmes techniques à résoudre. » « Une des principales erreurs du ministère a été de construire des centrales électriques fonctionnant au gaz alors que nous n’avons pas de<strike> </strike>gaz », souligne-t-elle. Cela oblige ces centrales à utiliser d’autres types de fioul, ce qui les rend moins productives. Et l’Irak doit acheter du gaz à l’étranger, notamment à l’Iran.
Le gouvernement songe à privatiser la distribution et la facturation électriques. Si les générateurs privés se font en effet payer directement par les consommateurs, nombre d’abonnés au réseau national refusent de payer leurs factures, selon M. Moudaris. Aujourd’hui, les créances se montent à 1,2 milliard de dollars.
© AFP


ON VA VOUS EN CONVOYER DU LIBAN... ON A LES 7ANOUM QUI NOUS ÉLECTRISENT AU CARRÉ DE LEUR MASSE DANSEUSE !
09 h 46, le 12 octobre 2013