Des lions « dragonnisés » en équilibre. Photo Michel Sayegh
Oui, voilà le hic. Dans un spectacle tagué «Cirque du Soleil», l’erreur n’est pas permise. Tout déséquilibre, tout lâcher de balle est noté par des yeux scrutateurs, à l’affût du moindre hic. Il s’agit, en fin de compte, d’une sorte d’olympiade du spectacle où les athlètes (contrairement aux Jeux olympiques) ne sont pas en compétition l’un contre l’autre. Ils «jouent» harmonieusement, en groupe, avec un bel esprit d’équipe, des plus sportifs qui soient.
«Fusion de la tradition des arts acrobatiques chinois – vieille de plus de 3000 ans – et de l’approche multidisciplinaire du Cirque du Soleil», comme l’indique la présentation de Dralion, ce spectacle puise son inspiration dans « la philosophie orientale caractérisée par la quête perpétuelle de l’harmonie entre l’humain et la nature».
«Dralion», mi-dragon, mi-lion? Plutôt dragon que lion, tout compte fait. Les acrobates d’origine asiatique étant plus nombreux sans doute que ceux venant d’Afrique.
Vu par plus de 7 millions de spectateurs depuis sa première en 1999 à Montréal, Dralion réunit une cinquantaine d’acrobates, de danseurs, de musiciens et chanteurs de différentes nationalités. La Chine, l’Afrique et l’Inde, trois pays et trois cultures assez caractéristiques et hautes en couleur en ont inspiré les costumes. Chacun des quatre éléments et chacune des troupes leur étant associées sont représentés par une couleur qui leur est propre: le bleu évoque l’air; le vert, l’eau; le rouge, le feu; et l’ocre, la terre. À savoir: plus de 5000 mètres de tissu ont été utilisés pour la création des costumes de Dralion. Ils sont au nombre de 1500, en comptant les accessoires. Pour ces derniers, différents matériaux ont été employés dont le crin de cheval, le raphia, le métal, la toile de moustiquaire, la plume d’émeu, le cristal, la «styromousse», le plastique, la peluche, des ressorts, ainsi que toute une panoplie d’articles de quincaillerie. Pour créer différentes textures sur le plastron du costume du chanteur, de réels insectes ont été collés un à un, puis moulés.
La trame musicale acoustique et électrique de Dralion puise, elle, son inspiration dans les mélodies indiennes, mêlées de sonorités d’Andalousie, d’Afrique, d’Europe centrale et de l’Ouest. L’orchestre de Dralion est composé de six musiciens et de deux chanteurs.
La scène circulaire de Dralion est dominée par une imposante structure de huit mètres de hauteur sur dix-huit mètres de largeur. Un mur métallique, qui crée une immense toile de fond, entre temple chinois futuriste et énorme plaque d’armure médiévale. Orient et Occident, c’est l’histoire de Dralion. À voir donc en famille. Ou avec les enfants des voisins.
Jusqu’au 20 octobre, au Forum de Beyrouth. Virgin Ticketing Box Office. Tél. : 01/999666.

