Photo de famille traditionnelle pour les dirigeants de l’ASEAN. Au centre, le secrétaire d’État américain John Kerry, qui a remplacé au pied levé le président Barack Obama retenu à Washington par la crise budgétaire. Photo AFP
Le président américain, qui a dû annuler une importante tournée régionale en raison de la crise budgétaire chez lui, est considéré par nombre de pays de la région comme le seul à même de contrecarrer les prétentions chinoises. « Notre partenariat avec l’Asean reste une priorité de l’administration Obama », a assuré le secrétaire d’État John Kerry, qui a reçu la lourde tâche de remplacer le président, tentant d’apaiser les petits pays de l’Asean, en particulier le Vietnam et les Philippines, en butte aux ambitions territoriales chinoises.
Pékin revendique quasiment toute la mer de Chine méridionale, carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial et réserve potentielle d’hydrocarbures. Afin d’apaiser les dissensions, l’Asean tente depuis 10 ans de convaincre Pékin de signer un code de bonne conduite en mer de Chine méridionale, censé prévenir la détérioration des conflits territoriaux. La Chine avait jusqu’à présent préféré les négociations bilatérales où, selon ses détracteurs, elle peut bénéficier à plein de tout son poids de géant asiatique. Mais Pékin semble avoir quelque peu évolué récemment, se disant plus « ouvert » sur la question. Mi-septembre, la Chine avait ainsi promis des discussions « progressives » avec l’Asean sur le sujet. Un groupe de travail commun avait alors été établi, chargé de mener « des consultations concrètes » sur ce projet de code.
Lors d’un discours historique la semaine dernière devant le Parlement indonésien, le président chinois Xi Jinping avait de plus promis une résolution « pacifique » du conflit en mer de Chine méridionale. Hier au Brunei, M. Li a abondé dans la même voie, affirmant que Pékin était « disposé à travailler avec d’autres pays... à la formulation d’un code de conduite ». Il reste à voir si ces paroles seront suivies d’effet. Des experts y voient plutôt une tactique de Pékin visant à gagner du temps, afin de renforcer son arsenal militaire.
Quand le sommet des 10 de l’Asean s’élargira aujourd’hui à l’Asie de l’Est plus les USA, un autre différend viendra s’ajouter : celui opposant Pékin à Tokyo en mer de Chine orientale cette fois, où la Chine revendique un petit archipel désert administré par le Japon sous le nom de Senkaku (Diaoyu pour Pékin). Le sommet de l’Asean doit également être l’occasion de faire progresser l’idée d’un marché commun de l’Asie du Sud-Est, qui regrouperait 600 millions d’habitants. L’ambition est de l’atteindre en 2015 mais beaucoup doutent que cela soit possible.
(Source : AFP)

