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Culture

Edgard Mazigi, une peinture intuitive conteuse d’histoires...

Exposition Edgard Mazigi souhaitait découvrir « comment une série de coups de pinceau peut refléter des expériences passées, des sentiments enfouis, un état d’esprit ». Il s’est donc attelé à la peinture abstraite et spontanée. D’où ont émergé des figures et des scènes narratives !
30/09/2013
Il balance sur la toile de larges coups de brosse ou d’aplats au couteau à un rythme impulsif. Et il en fait jaillir des figures et des scènes évocatrices de tranches de vie. À la fois contemporaines et passéistes, urbaines et du terroir, au plus près du réel et nimbées d’une mystérieuse irréalité.
Dans la trentaine d’huiles et de fusains qu’il expose, jusqu’au 12 octobre, à la galerie Art on 56th*, Edgard Mazigi joue à «perdre et retrouver» les personnages disséminés, mais aussi parfois dissimulés, qui surgissent de ses superpositions de touches chromatiques ou d’entre les masses de formes en clair-obscur qui composent ses dessins sur papier. D’où l’intitulé «Lost and Found» qu’il a choisi de donner à cet accrochage.

Exploration des mystères formateurs d’une image
Un aller-retour entre abstraction et figuration qu’Edgard Mazigi pratique depuis quelques années déjà, poursuivant par l’interaction spontanée des touches et des couleurs l’exploration des mystères formateurs d’une image. Une peinture intuitive et frémissante. Évocatrice d’instants enfouis, d’émotions masquées, de souvenirs souterrains de paysages, de lieux, de
personnages...

« Dialogue de sourds » au « Paradis perdu »
À l’instar de cette grande huile (160 x 284 cm) baptisée Paradise Lost, où se détachent à l’avant-plan d’un panorama abstraitement urbain une silhouette féminine de profil, tenant une pomme en main, un homme derrière elle et, penché sur l’épaule de ce dernier, un jeune garçon. Enrobée de tonalités bleu nuit, marron, ocre et blanche, cette scène, entre songe et réalité, diffuse un sentiment de mélancolie et réfère, semble-t-il, subrepticement à Beyrouth comme à un paradis perdu.
Même sensibilité subtile dans Dialogue de sourds (120 x 200 cm), où, d’un harmonieux accord de tonalités contrastées bleues, jaunes et grises, surgissent trois silhouettes se tournant le dos... affairées.
Bras tendus vers le sol, dos courbé, l’allure en mouvement, le corps en plein élan... C’est toujours occupés, vaquant à leurs occupations, à l’accomplissent d’une tâche quelconque, un labeur terrien ou une activité plus citadine, que Mazigi met en scène ses personnages. Des individus qu’il transpose paradoxalement de paysages champêtres en scènes urbaines. Qu’il fait fugacement aussi parfois apparaître dans des lieux intemporels et hybrides. Qu’il fait quelque fois émerger d’un imaginaire sombre et inquiétant (comme dans Singing Jazz with Dogs) mais qu’il puise plus généralement d’un quotidien sur lequel il porte un regard sensible. C’est le cas dans Local News, une toile retranscrivant la tension inquiète d’une salle de rédaction, ou encore dans l’énorme triptyque (160 x 138 cm chaque toile) intitulé Urban Living, où les figures et silhouettes jaillissantes d’entre les larges touches de noir, blanc et ocre semblent prises dans les rets d’une vaine agitation...
Mû par une audacieuse liberté, une puissante envie d’explorer les arcanes de la formation des images picturales, comme celles de son inconscient, c’est ainsi que «le processus créatif d’Edgard Mazigi (...) s’accorde au gré de l’intuition pour prendre forme, devenir quelque chose qui a un sens et peut-être même une histoire, des histoires infinies (...)», comme l’écrit Gérard Bejjani dans un texte qui accompagne l’exposition. Des histoires d’hommes, de femmes, de traditions, de paysages, de quotidien, de songes et d’émotions que chaque regard découvre à sa manière !

*Gemmayzé, rue Youssef Hayeck. Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 11h à 19h, et les samedis de 11h à 17h. Tél. 01 ou 70/570331.

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