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Liban

Les milieux du 14 Mars désabusés par l’attitude de Joumblatt

Dans les rangs du 14 Mars, et singulièrement du courant du Futur, on se montrait hier plutôt désabusé à l’égard de la position adoptée par le chef du PSP, Walid Joumblatt, sur le dossier gouvernemental, jugée comme faisant la part belle aux vues du Hezbollah.
Ahmad Fatfat, député de Denniyé et membre du bloc du Futur, a estimé à la LBCI qu’en réclamant le tiers de blocage, « le camp adverse s’obstine à rester dans la logique du 7 Mai (2008) et cherche à perpétuer l’oppression et la politique de la pression par les armes ». Critiquant les propos du président de la Chambre, Nabih Berry, qui a accusé le 14 Mars de « se livrer à des manipulations sur Taëf », M. Fatfat a dit : « Il n’y a rien à voir entre Taëf et la formule des “trois 8”. La principale demande du 8 Mars est d’obtenir le tiers de blocage. Or celui-ci n’est pas prévu par Taëf. Il est la conséquence du 7 Mai. »
Au sujet de la position du chef de M. Joumblatt, il a souligné que c’est ce dernier qui avait « mis au point la formule des “trois 8” (huit ministres pour le 14 Mars, huit pour le 8 Mars et huit pour les centristes), à partir de sa position centriste. À chaque circonstance politique correspond une lecture différente chez Joumblatt de son intérêt. Cela est peut-être son droit et je le comprends, même si je ne le justifie pas. En tout état de cause, il s’est rétracté à propos de cette formule parce que le Hezbollah est en mesure de se livrer à une escalade et qu’il a peur de toute confrontation avec ce dernier. Il a déjà répété cela à plusieurs reprises ».
En d’autres termes, a poursuivi le député, « nous sommes toujours dans la situation décrite par Joumblatt précédemment, à savoir qu’il a un revolver pointé sur la tempe. On a déjà entendu de tels propos, tout comme on a entendu cheikh Naïm Kassem (secrétaire général adjoint du Hezbollah) nous dire : “Ne vous avisez pas de nous mettre à l’épreuve” ; ainsi que des semblants de menaces exprimés par M. Berry ».
« Tout cela signifie que la logique de l’intimidation et de la force tirée des armes prévaut toujours et que certaines positions politiques sont déterminées à partir de cette réalité », a-t-il souligné.
« Si le Hezbollah s’obstine à maintenir ses conditions et s’il est en mesure de réunir une majorité, il n’a qu’à former son gouvernement. Ce qu’ils tentent d’accomplir présentement, c’est de faire entrer le 14 Mars avec eux pour couvrir leur action en Syrie ainsi que leurs armes », a dit M. Fatfat.
Son collègue Ammar Houry (Beyrouth III) a estimé, lui aussi, que la position de Walid Joumblatt est fondée sur « des conclusions qui avaient été tirées précédemment des expériences du 7 Mai et de l’épisode des chemises noires ».
Accusant sur Radio-al-Fajr le Hezbollah de « se précipiter au sabotage de la formation du gouvernement en posant des conditions successives », M. Houry a appelé à « la fin du chantage » dans le dossier gouvernemental et critiqué l’option consistant à faire de l’entente préalable sur la formule de cabinet une condition de sa mise sur pied.
« Le 8 Mars tente de consacrer l’hérésie de l’entente préalable et anéantit de cette façon le rôle de la Chambre », a-t-il ajouté, rappelant l’échec des gouvernements précédents qui étaient fondés sur le principe du consensus.
« Je souhaite que le président de la République, Michel Sleiman, et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, procèdent à la promulgation des décrets de formation du gouvernement selon ce qui leur convient à eux deux. Le cas échéant, ils pourront compter sur le soutien du 14 Mars », a-t-il encore dit, soulignant que « toute formule gouvernementale fondée sur l’intérêt national est préférable à la situation actuelle, y compris dans le cas où le cabinet formé ne recevrait pas la confiance de la Chambre et deviendrait de ce fait un gouvernement d’expédition des affaires courantes ».
Un autre élu de Beyrouth III, Imad el-Hout, qui représente la Jamaa islamiya, a appelé dans une déclaration le 8 Mars à « laisser le Premier ministre désigné former son gouvernement sans plus recourir à l’intimidation et la menace ».
« Je ne commenterai pas les derniers propos de Walid Joumblatt parce que celui-ci a chaque jour une position différente de la veille et qu’il a une façon bien à lui de réfléchir. Quant à moi, j’estime qu’il existe un clivage vertical entre les Libanais et un désaccord politique profond. Transposer ce désaccord et ce clivage au gouvernement ne peut que le paralyser à chaque décision qu’il doit prendre. C’est à la table de dialogue qu’il faut transposer le désaccord. Celui-ci a besoin de dialogue pour être réglé et non pas de coexistence. Voilà pourquoi nous sommes pour la dissociation entre le gouvernement et le dialogue. »
Dans les rangs du 14 Mars, et singulièrement du courant du Futur, on se montrait hier plutôt désabusé à l’égard de la position adoptée par le chef du PSP, Walid Joumblatt, sur le dossier gouvernemental, jugée comme faisant la part belle aux vues du Hezbollah. Ahmad Fatfat, député de Denniyé et membre du bloc du Futur, a estimé à la LBCI qu’en réclamant le tiers de blocage, « le camp adverse s’obstine à rester dans la logique du 7 Mai (2008) et cherche à perpétuer l’oppression et la politique de la pression par les armes ». Critiquant les propos du président de la Chambre, Nabih Berry, qui a accusé le 14 Mars de « se livrer à des manipulations sur Taëf », M. Fatfat a dit : « Il n’y a rien à voir entre Taëf et la formule des “trois 8”. La principale demande du 8 Mars est d’obtenir le tiers...
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