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Moyen Orient et Monde - Contestation Antigouvernement

Au Soudan, les manifestations font 29 morts en trois jours

Des milliers de personnes ont manifesté hier au Soudan pour appeler à la chute du régime, au 4e jour d’un mouvement de contestation d’une ampleur inégalée contre des mesures d’austérité qui a déjà fait 29 morts.
La situation était calme en début de soirée dans la capitale, mais des appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour aujourd’hui. Le gouverneur de Khartoum, Abdel Rahman al-Khidr, a averti pour sa part que « le gouvernement frappera d’une main de fer ceux qui portent atteinte aux propriétés publiques ».
Reprenant le slogan phare du printemps arabe, environ 3 000 personnes avaient défilé le matin dans le quartier d’al-Inqaz à Khartoum, scandant « Liberté, liberté », et « Le peuple veut la chute du régime », selon des témoins. Ils ont mis le feu à des pneus pour couper des routes et jeté des pierres sur les voitures, ont-ils précisé. La police a tenté de les disperser à l’aide de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. À Port-Soudan, à 1 000 km au nord-est de Khartoum, un millier de personnes ont également manifesté, selon des témoins. Des manifestants brandissaient des pancartes proclamant « Non à la cherté de vie, non à ceux qui font le commerce de la religion », dans une référence au régime islamiste, et ont été dispersés par la police. Dans la capitale, la plupart des magasins avaient leurs rideaux baissés et la circulation était fluide. Les écoles sont restées elles aussi fermées par décision du gouvernement. Même les stations-service n’ont pas ouvert, les protestataires ayant mis le feu à plusieurs d’entre elles la veille.

 « Hors-la-loi »
Au moins 29 personnes ont été tuées de lundi à mercredi, selon des sources hospitalières. L’hôpital d’Oumdourman a à lui seul reçu les corps de 21 civils la veille. Aucune indication officielle n’a été donnée sur les circonstances de leur décès mais des témoins et des proches ont affirmé que la plupart des civils avaient été tués par les tirs des forces de sécurité.
La télévision d’État a diffusé des images de véhicules, de bâtiments et de stations-service incendiés ou endommagés, en accusant des « hors-la-loi » d’en être les responsables. Selon elle, la police a dû intervenir pour empêcher toute « violation de la loi et toute atteinte aux biens privés et publics ».
Face à l’extension des troubles, l’ambassade des États-Unis à Khartoum a appelé « toutes les parties à ne pas recourir à la force et au respect des libertés publiques et au droit au rassemblement pacifique ».
Les manifestations ont jusqu’à présent un caractère spontané. Les dirigeants de l’opposition, dont l’ex-Premier ministre Sadek al-Mahdi, se sont réunis hier mais n’ont publié aucune déclaration à l’issue de leur rencontre.
Parallèlement, les connexions Internet, interrompues mercredi, ont été rétablies, selon plusieurs utilisateurs. En revanche, un journal indépendant, al-Jarida, n’a pas paru hier en raison de la censure imposée par les autorités, a déclaré son rédacteur en chef Idriss al-Doumah.
De son côté, le président soudanais Omar el-Béchir, qui devait prononcer un discours hier à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, est resté dans le pays, faute de l’octroi d’un visa par les États-Unis, selon la diplomatie soudanaise.
(Source : AFP)
Des milliers de personnes ont manifesté hier au Soudan pour appeler à la chute du régime, au 4e jour d’un mouvement de contestation d’une ampleur inégalée contre des mesures d’austérité qui a déjà fait 29 morts.La situation était calme en début de soirée dans la capitale, mais des appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour aujourd’hui. Le gouverneur de Khartoum, Abdel Rahman al-Khidr, a averti pour sa part que « le gouvernement frappera d’une main de fer ceux qui portent atteinte aux propriétés publiques ».Reprenant le slogan phare du printemps arabe, environ 3 000 personnes avaient défilé le matin dans le quartier d’al-Inqaz à Khartoum, scandant « Liberté, liberté », et « Le peuple veut la chute du régime », selon des témoins. Ils ont mis le feu à des pneus pour...
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