Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, accueille le président iranien Hassan Rohani pour la 68e Assemblée générale de l’ONU à New York. Emmanuel Dunand/AFP
C’est la première fois que le secrétaire d’État américain John Kerry s’entretiendra – en présence des ministres des autres membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne – avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Si aucune rencontre bilatérale ne figure au programme, un bref échange direct entre les deux hommes ne peut être exclu. La réunion avec M. Kerry sur le programme nucléaire controversé de Téhéran suscite de grands espoirs en raison du ton conciliant adopté ces derniers jours par le nouveau président iranien Hassan Rohani.
Il s’agira d’une « discussion courte », a cependant précisé Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui mène les négociations pour le 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Russie, Chine, Royaume-Uni) avec l’Iran. Mme Ashton a indiqué qu’elle retrouverait ensuite M. Zarif à Genève en octobre, pour la première série de négociations depuis l’arrivée de M. Rohani au pouvoir en juin.
Selon des diplomates occidentaux, cette rencontre dans l’après-midi (à New York), en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, permettra aux ministres des 5+1 de rappeler qu’il y a « une offre sur la table », issue de la dernière réunion d’Almaty, au Kazakhstan, en avril, restée sans suite à ce jour, et de préciser que toute offre iranienne sera « soigneusement » examinée. Washington et Pékin ont pour leur part insisté sur l’importance pour l’Iran « de répondre positivement » à cette offre-là.
« Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire, mais les pays du groupe 5+1 doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne », a pour sa part écrit le ministre iranien des Affaires étrangères sur son compte Twitter. Sur sa page Facebook, M. Zarif a cependant mis en garde contre un excès d’optimisme quant aux résultats de cette première rencontre. « On ne peut pas s’attendre à régler les problèmes qui se sont accumulés, en une ou plusieurs rencontres », a-t-il écrit.
Israël doit signer
À la tribune de l’ONU mardi, MM. Obama et Rohani ont tous deux affiché leur volonté de donner une chance à la diplomatie sur ce dossier nucléaire. Mais une rencontre qui faisait l’objet d’intenses spéculations n’a pas eu lieu, preuve de la méfiance enracinée entre les deux pays, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.
Mercredi, le président iranien s’est déclaré résolu à avancer rapidement sur le dossier nucléaire, évoquant un calendrier de « trois mois ». Six mois seraient « encore bons », mais cela devrait être une question de « mois, pas d’années », a-t-il dit au Washington Post. Dans ce contexte, M. Zarif a assuré hier que son pays était ouvert à des rencontres au plus haut niveau avec les États-Unis.
Hassan Rohani a par ailleurs appelé hier Israël à signer leTtraité de non-prolifération nucléaire. Lors d’une réunion en marge de l’Assemblée générale des Nations unies M. Rohani a déclaré qu’« Israël, seul dans la région qui ne soit pas partie du Traité de non-prolifération nucléaire, devrait le faire sans délai supplémentaire », a-t-il poursuivi, jugeant indispensable que « toutes les activités nucléaires de la région » soient soumises aux contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Israël s’est empressé de répondre, accusant l’Iran de vouloir détourner l’attention de son programme nucléaire.
(Source : AFP)

