En face, le pouvoir a affirmé tour à tour qu’il s’agissait d’images truquées puis que c’était les rebelles qui avaient utilisé ces armes pour stopper l’avancée de l’armée dans la banlieue de Damas et préparer le terrain à une attaque occidentale qu’ils appelaient de leurs vœux. Il a également mis en avant les images d’atrocités attribuées aux rebelles, comme celles de décapitations par des jihadistes de miliciens prorégime publiées par Paris Match et d’exécutions sommaires de soldats du régime mises en ligne par le New York Times. La Coalition nationale syrienne (opposition), embarrassée par ces dernières images, s’est fendue jeudi d’un communiqué disant qu’elles « ne sont pas représentatives de l’Armée libre syrienne (son bras armé) ni du peuple syrien ».
Fin de « la propagande style soviétique »
Bassam Abou Abdallah, directeur de Centre de Damas pour les études stratégiques, proche du régime, a relevé que la télévision d’État s’était abstenue au début du conflit de montrer des « images d’horreurs commises par les rebelles » mais qu’elle le fait maintenant « car tout est permis dans cette sale guerre quand il s’agit de servir un objectif politique ». L’enjeu pour le régime est aussi d’illustrer ses succès militaires comme dans les combats en cours dans la ville de Maaloula, symbole de la présence chrétienne en Syrie et en Orient, où la télévision a montré les soldats sécurisant églises et couvents. Face à la menace de frappe, le président syrien Bachar el-Assad n’a pas hésité à monter au créneau, accordant coup sur coup des interviews au Figaro, à des télévisions américaines et à une télévision russe. « Dans cette affaire, le régime est passé de la propagande style soviétique faite d’un mélange de langue de bois et de lenteur de réaction à une communication du XXIe siècle », a commenté un journaliste étranger présent à Damas. « Assad a su choisir les médias en fonction des pays qu’il voulait cibler (...) et tenté de convaincre les opinions publiques occidentales que frapper son pays était dangereux et que le jeu n’en valait pas la chandelle », a-t-il estimé.
Le régime dénonce par ailleurs la partialité de la presse et des organisations des droits de l’homme comme HRW qui a accusé vendredi l’armée du massacre de 248 syriens en mai dans deux villages côtiers. « L’Occident parle d’un prétendu massacre en mai dans la région de Tartous, mais ne dit pas un mot sur celui confessionnel commis par les terroristes contre une dizaine de villages (alaouites) début août dans la région de Lattaquié », s’est insurgé un responsable des services de sécurité syriens, dans une déclaration. « Il y a eu au moins 1 000 morts, ils ont égorgé les hommes, obligé les femmes à marcher nues dans la rue, éventré les femmes enceintes, mais bien sûr cela n’intéresse pas les organisations des droits de l’homme ni les journalistes », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)

