En effet, une petite phrase attribuée à l’ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani fait polémique en Iran malgré plusieurs démentis officiels. Un bon nombre de responsables politiques cités hier dans la presse demandaient que M. Rafsandjani s’explique sur cette affaire.
« Le peuple syrien qui a été la cible d’une attaque chimique de la part du pouvoir doit maintenant faire face à la menace d’une intervention étrangère », aurait ainsi affirmé dimanche l’ex-président modéré lors d’un déplacement en province, selon l’agence non officielle Ilna. Mais l’agence a rapidement supprimé la mention « de la part du pouvoir » et le ministère des Affaires étrangères a démenti qu’il ait prononcé une telle phrase.
Plusieurs sites Internet conservateurs ont néanmoins saisi l’occasion pour s’en prendre à M. Rafsandjani.
L’un d’eux a posté une vidéo d’une réunion publique supposée être celle où M. Rafsandjani aurait prononcé ces mots. La vidéo, prise de loin à l’aide d’un téléphone portable, ne permet pas de confirmer que M. Rafsandjani est l’orateur. La voix semble cependant être celle de l’ex-président.
« Nous attendons un démenti de M. Rafsandjani en personne et une prise de position claire », a réagi le député conservateur Alireza Zakani, demandant une enquête du ministère des Renseignements, selon le quotidien Arman.
Un dignitaire religieux, l’ayatollah Youssef Tabatabaie-nejad, a pour sa part affirmé avoir eu l’assurance que la vidéo était un faux. « J’ai posé la question directement à M. Rafsandjani et il m’a dit que le son était un faux et qu’il n’avait pas accusé le gouvernement syrien d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa population », a-t-il déclaré dans Arman. M. Rafsandjani aurait garanti à l’ayatollah : « J’ai dit que les États-Unis utilisent le prétexte que le gouvernement syrien avait attaqué sa population avec des armes chimiques (...) ce n’est pas ma position .»
De son côté, l’ayatollah Ali Khamenei a lui aussi déclaré hier qu’« en ce qui concerne la Syrie, l’attaque chimique est un prétexte ». « Je pense que les Américains commettent des erreurs en ce qui concerne la Syrie et ils en sentiront l’impact et subiront à coup sûr des pertes », a-t-il ajouté devant l’Assemblée des experts.
Parallèlement, et par contraste avec l’état-major des forces armées, le gouvernement du président Hassan Rohani, un modéré élu en juin et investi dans ses fonctions en août, a condamné l’utilisation d’armes chimiques et mis en garde contre toute intervention militaire contre la Syrie. Il n’a toutefois pas imputé l’attaque chimique à un camp, contrairement à certains responsables iraniens qui avaient pointé du doigt les insurgés.
(Source : AFP)

