Benzema félicite le buteur Isco après son but contre Bilbao ce week-end. Les fans madrilènes ne peuvent plus supporter la nonchalance du Français sur le terrain, un défaut que l’ex-coach du Real, Mourinho, avait plusieurs fois souligné… Gérard Julien/AFP
Toute ressemblance avec une situation réelle n’est pas fortuite. Qu’il s’agisse de l’équipe de France ou du Real Madrid, le cas Benzema pose débat. Attaquant titulaire mais muet chez les Bleus, l’ancien Lyonnais est aussi chahuté à Bernabeu. Ce week-end, l’avant-centre français s’est même fait copieusement siffler par une partie du public madrilène malgré la large victoire contre Bilbao (3-1) et deux passes décisives de l’international tricolore pour Isco.
Le contraste saisissant avec la sortie d’un Angel Di Maria ovationné a eu pour effet de faire prononcer ce tacle à Carlo Ancelotti. « Le travail est applaudi », lâcha comme une sanction l’ancien coach du PSG, à l’issue de la rencontre.
Nonchalant
S’il peine à trouver le chemin des filets en Bleu (1 155 minutes sans marquer), Benzema jouit pourtant de stats très correctes en ce début de saison avec le Real : deux passes décisives et deux buts, dont celui de la victoire à Grenade (0-1), en trois matches.
Carlo Ancelotti lui a d’ailleurs accordé une place de titulaire à chaque fois. Mais à ce niveau de compétition, les chiffres ne suffisent pas. Le technicien italien avertit. « Karim a été un peu sifflé et le stade entier a applaudi Di Maria. Les fans regardent de près le travail qui est fourni sur le terrain et ce travail est salué et reconnu. Benzema est un joueur qui n’a pas besoin de beaucoup travailler. Aujourd’hui, cela a été un signal clair pour tout le monde. »
Les supporters merengues reprochent au Français sa nonchalance sur le terrain, un degré d’implication qu’ils estiment insuffisant notamment lorsque sur un contre (56e), il arrêta sa course alors qu’il aurait pu se saisir du ballon avant le gardien de Bilbao.
Pas assez de concurrence pour Benzema ?
La comparaison avec l’équipe de France est flagrante. Dans un cas comme dans l’autre, la chance que possède pour l’instant Benzema vient de l’absence de concurrence à son poste.
À Madrid, après le départ de Gonzalo Higuain pour Naples, et sauf coup de poker de fin de mercato, les deux seuls autres attaquants de métier de l’effectif sont deux jeunes Espagnols internationaux de moins de 21 ans (Morata, Jesé). Un peu tendre pour prétendre à un rôle de titulaire dans un club comme le Real.
Mais l’arrivée de Gareth Bale pourrait changer la donne. Doté également d’Isco, Modric et Di Maria, Ancelotti pourrait être amené à replacer Cristiano Ronaldo dans un poste de numéro 9, surtout si Mesut Ozil, qui a refusé Arsenal, venait à rester.
Le problème est similaire chez les Bleus, où Olivier Giroud n’a pas réussi à écarter le Madrilène, en dépit de deux buts importants en éliminatoires contre la Géorgie (3-1) et surtout en Espagne (1-1). Mais le Gunner est en forme, comme en témoignent ses trois buts en trois journées de Premier League, dont celui de la victoire d’Arsenal contre Tottenham (1-0).
Et André-Pierre Gignac a été rappelé chez les Bleus par Didier Deschamps grâce à son bon début de saison avec l’Olympique de Marseille (3 buts en 4 journées). Assez pour déboulonner le statut de titulaire indiscutable que le sélectionneur continue de conférer à Benzema ? Pas sûr. Changer son attitude ? Peut-être. Le temps presse.

