C’est un paradoxe qui en dit long sur l’état de forme de Nadal : le roi de la terre battue est invaincu sur... dur en 2013. L’Espagnol, vainqueur à Indian Wells en mars dernier, continue de jouer les shérifs sur le sol nord-américain en signant un impeccable doublé Montréal-Cincinnati, ses deux tournois de reprise. Il y a six semaines, on l’avait quitté battu au premier tour de Wimbledon, à la fois épuisé par ses exploits à répétition sur terre battue et par un genou qui s’était remis à couiner. On l’a retrouvé tel qu’au printemps, comme si cette coupure n’avait en rien affecté son tennis, ni son rythme de la compétition. Ronald Martinez/AFP
Tombeur de Gasquet, Raonic, Djokovic puis Del Potro, Isner a buté sur la dernière marche. Comme presque tout le monde cette année.
Nadal affiche un bilan quasi parfait avec neuf titres et deux finales en 12 tournois joués en 2013, son seul accroc étant son élimination au premier tour à Wimbledon au mois de juin.
Sa tâche a été nettement plus compliquée que la semaine dernière en finale de Montréal, où il avait déjà affronté un gros serveur évoluant devant son public, en l’occurrence Milos Raonic. Isner s’est avéré un adversaire beaucoup plus coriace. Très efficace sur son service, l’Américain n’a pas concédé la moindre balle de break de toute la rencontre ! À l’inverse, Nadal a dû écarter trois balles de break, dont deux en forme de balles de set à 6-5 dans la première manche. Mais le Majorquin les a écartées, comme il a écarté la troisième dans le jeu décisif. Fort de la grosse confiance qui l’habite en ce moment, le numéro trois mondial (futur numéro un ?) a parfaitement géré les points qui ont vraiment compté dimanche.
L’US Open en ligne de mire
Sur la balle de match, Nadal a manifesté sa joie de façon démonstrative. Logique, puisqu’il s’agit de sa toute première victoire à Cincinnati, où il n’avait jamais dépassé les demi-finales jusqu’alors.
Désormais, il les a donc tous gagnés... sauf Bercy, Miami et Shanghai. Ce sera, peut-être, pour cet automne.
En attendant, son prochain défi sera l’US Open et il en sera le grand favori au vu de ses résultats récents. Invaincu sur dur cette saison, il a remporté les trois tournois qu’il a disputés sur cette surface, tous en Masters 1 000. Avec ce doublé Montréal-Cincinnati en une semaine, il en impose à une concurrence qui se cherche, à des degrés divers, qu’il s’agisse de Djokovic, Murray ou Federer.

