« Nous avons encore besoin de 48 heures pour éclaircir les circonstances de l’explosion », a-t-il dit à la « Voix du Liban ».
M. Charbel a également affirmé que les autorités sécuritaires cherchent à savoir si l’attentat était l’acte d’un kamikaze.
« Les images filmées par les caméras de surveillance sont analysées pour identifier le ou les auteurs de l’attaque », a-t-il ajouté.
Toutefois, et citant des sources concordantes, le site Nowlebanon a indiqué que les forces de l’ordre ont arrêté cinq personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attentat.
Dans un article, le site révèle que les services de renseignements « étaient au courant qu’un attentat se préparait ciblant plusieurs endroits de la banlieue sud ».
Les sources ajoutent que les services de l’ordre ont réussi, à la dernière minute, à entraver le plan préparé par les auteurs de l’acte terroriste, qui ont été contraints de modifier l’emplacement visé, en parquant la voiture 300 mètres plus loin que l’endroit initialement prévu.
Trois personnes qui ont fui la voiture piégée ont été arrêtées dans le cadre de l’opération. Une quatrième personne est restée dans le véhicule qui a explosé sur les lieux, les services de l’ordre ayant échoué à le stopper.
Toujours selon Nowlebanon, une seconde voiture piégée devait également être placée au même endroit, sauf que les forces de l’ordre l’ont repérée à temps avant d’arrêter les deux personnes qui se trouvaient à bord.
Les sources ajoutent que la région qui s’étend entre le lieu où l’explosion de Bir el-Abed a eu lieu, le 9 juillet dernier, et celle de Roueiss regroupe des centres stratégiques relevant du Hezbollah, communément appelés le « périmètre sécuritaire ».
Le commissaire adjoint du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sami Sader, qui s’est rendu sur les lieux de l’attentat meurtrier, a déclaré aux journalistes sur place que la charge explosive était d’une puissance équivalente à 60 kilos de TNT. Selon le secrétaire général du Hezbollah, elle est évaluée à plus de 100 kg.
Pour sa part, la chaîne de télévision du Hezbollah al-Manar a rapporté que la voiture piégée utilisée dans l’attentat de jeudi qui a visé le quartier de Roueiss, est « une BMW 735 de couleur noire ».
Le ministre sortant de la Justice, Chakib Cortbaoui, a assuré de son côté que les investigations se poursuivent « à un rythme accéléré », soulignant « que rien n’est encore clair ou prouvé à ce stade de l’enquête ».
Des doutes sur l’authenticité du message sur YouTube
Le ministre a indiqué que la justice effectue une analyse approfondie de la bande vidéo diffusée par « Les Brigades de Aïcha », le groupuscule qui a revendiqué l’attentat.
À ce sujet, le site Nowlebanon a interrogé des experts pour recueillir leurs avis sur la crédibilité de la vidéo. Le site a rappelé que la bande vidéo revendiquant l’attentat a été diffusée sur YouTube sitôt après l’explosion.
On y voit les membres d’un groupuscule cagoulés qui se sont présentés comme étant affiliés aux « Brigades de Aïcha, la mère des fidèles, chargées des missions extérieures ».
Les experts interrogés ont toutefois exprimé leurs doutes concernant la crédibilité de la vidéo.
Parmi eux, cheikh Nabil Rhim, un salafiste de Tripoli, qui a précisé que les mouvements jihadistes ne brandissent pas un drapeau blanc, mais noir, ajoutant que l’un des membres du groupuscule a commis plusieurs erreurs en lisant le Coran et que sa connaissance de la langue arabe était limitée, « ce qui n’est pas le cas des jihadistes qui maîtrisent parfaitement cette langue ». Le dignitaire sunnite a conclu que la bande vidéo était fabriquée de toutes pièces.
Un autre spécialiste, qui a tenu à garder l’anonymat, a estimé à son tour que la teneur de la vidéo et le discours prononcé « ne sont ni crédibles ni convaincants », précisant que les propos généralement exprimés par les membres de Jabhat el-Nosra ou el-Qaëda sont « plus étudiés et plus rigoureux ».

