L’idée la plus répandue est que les compositeurs seraient les « Animals », groupe pop des années 60, ce qui est plausible car c’est leur version de 1964 qui connaîtra le plus gros succès commercial au niveau mondial. D’autres prétendront que Bob Dylan en avait édité une version plusieurs années avant la leur. Il semble que c’est faux dans les deux cas. En effet, certains curieux (bien avant nous) ont fouiné et ont réussi à avoir des résultats assez étonnants en allant sur les traces de cette maison du soleil levant.
Une ballade qui se balade
Le plus vieil enregistrement de la chanson semble être celui de Clarence Ashley, un joueur de banjo originaire du Tennessee, en 1934. Mais rapidement, beaucoup d’autres guitaristes, bluesmen, joueurs de folk américains y ont greffé d’autres paroles et apporté d’autres interprétations successivement en 1941 puis en 1947. Mais The House of the Rising Sun a obtenu sa renommée mondiale à partir de 1961. Les versions différeront, dès lors. Si pour les Animals, cette maison où le soleil se lève (se couche, dirions-nous) est un hôtel pour ex-taulards, alcooliques invétérés et autres parieurs en tout genre, un lieu de perdition en somme, pour Bob Dylan il est évident qu’il ne s’agit que d’un bordel. Enfin le Johnny hexagonal en fera carrément un pénitencier et Nina Simone se rallie à l’idée de prison mais pour femmes. Cette hypothèse est confortée par le fait que l’avant-dernier couplet parle de « ball and chain » (boulets et chaînes)
Ainsi, cette ballade s’est bien baladée et les mains baladeuses ont souvent été doublées. Car qui croirait que ce forban de Dylan allait un jour être pris à son jeu. En 1961, alors que Bob traînait encore dans les bars de New York avec des guitaristes plus chevronnés que lui, un autre, Dave Van Ronk, important sur la scène folk américaine de l’époque, lui apprend le refrain. Dylan décide illico de l’enregistrer sur son premier album éponyme et demandera par la suite la permission à Dave qui avouera avoir souhaité, lui aussi, l’enregistrer... Oups ! Trop tard ! Ce dernier en souffrira tout au long de sa carrière car, lorsqu’il s’avise d’interpréter cette chanson, il y aura toujours quelqu’un pour lui faire remarquer qu’il chante du Dylan.
Quelques années plus tard, c’est Bob Dylan lui-même qui se fera doubler par The Animals. Le groupe, alors en pleine ascension, enregistrera la chanson qui sera au hit-parade dans tous les classements. Un million d’exemplaires écoulés en trois semaines rien qu’aux États Unis ! C’est alors au tour de Bob de se voir entendre dire qu’il reprend les Animals lors de ses concerts. Tel est pris qui croyait prendre.
Depuis, la chanson est connue de tous et reprise dans toutes les langues et en tous lieux. De Nina Simone à Muse (2010,) en passant par Joan Baez, Dolly Parton, Tracy Chapman ou Led Zepplin et The Doors, ou encore des artistes allemands ou jamaïcains, The House of the Rising Sun se multipliera au gré du vent et des humeurs.

