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Liban - Patrimoine

Layoun demande l’arrêt des travaux en bordure de la forêt de Bécharré

Les travaux se poursuivent selon des témoins, et l’ancien député Gebrane Tok se dit « étonné » de cette campagne menée contre l’aménagement du terrain, à la veille du mariage de son fils.

Suite au tollé provoqué par les travaux de construction de gradins dans la périphérie de la forêt de cèdres de Bécharré (voir notre édition du mercredi 14 août), dans le cadre de la préparation d’un mariage, le ministre de la Culture, Gaby Layoun, a indiqué à L’Orient-Le Jour avoir envoyé une lettre à la direction générale des Forces de sécurité intérieure (FSI), les notifiant de la situation et leur demandant l’arrêt des travaux. Dans cette lettre, il dit s’être porté partie civile contre tous ceux qui ont participé à cette infraction. Le ministre a envoyé deux autres lettres, l’une au ministre de l’Environnement Nazem el-Khoury, l’autre au ministre de l’Agriculture Hussein Hajj Hassan, pour les tenir informés. Toutes ces lettres étaient accompagnées de photos des travaux sur le site.


Bien que la forêt des Cèdres soit un site naturel, c’est le ministère de la Culture et la Direction générale des antiquités (DGA) qui sont les principaux concernés par ce dossier, étant donné que le site (qui complète la vallée de la Qadicha) est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ces travaux dans la zone dite « de reboisement » autour de la réserve (où la loi de 1950 interdit toute construction ou aménagement) risquent de provoquer un déclassement du site, craignent les observateurs, tout comme un impact écologique considérable sur la forêt, vieille et vulnérable. M. Layoun, dans un entretien précédent avec L’Orient-Le Jour, avait précisé n’avoir eu vent de ces travaux que mardi dernier, par la responsable du Liban-Nord au sein de la DGA, Samar Karam. Il a dit attendre le rapport qui lui a été présenté hier mercredi pour réagir.


Quoi qu’il en soit, des témoins à Bécharré nous ont assuré hier que les travaux se sont poursuivis durant la journée.
Rappelons que ces gradins ont été construits à l’initiative de l’ancien député Gebrane Tok pour le mariage de son fils. Celui-ci avait déclaré à L’Orient-Le Jour n’avoir pas eu connaissance de la loi avant d’entreprendre les travaux, qu’il aurait pu repousser quelque 250 mètres plus loin, et s’est engagé à réhabiliter et reboiser le site après la cérémonie qui devrait avoir lieu fin août. Dans un communiqué publié hier par son bureau, M. Tok a déclaré « avoir conclu un accord avec le propriétaire du terrain pour que les travaux se déroulent hors de l’enceinte de la forêt, et qu’ils n’aient d’impact sur aucun arbre ou aucun bâtiment existant, après quoi les travaux d’aménagement de terrain ont commencé, transformant ce lieu d’un dépotoir en un site beau et élégant ». Le bureau de l’ancien député s’est dit « étonné du tollé provoqué par les travaux d’aménagement qui ont commencé plus de deux mois et demi plus tôt, sans qu’aucune contestation n’ait été exprimée », s’interrogeant « sur les raisons de cette campagne à la veille du mariage », et n’y voyant « qu’une tentative de saboter un événement familial et populaire par ceux qui ont des intérêts étroits ».

 


« Prêt à négocier... »
Enfin, l’ancien député réaffirme son « respect pour l’environnement ». Il se dit « prêt à négocier avec le propriétaire du terrain pour faire ce qu’il est possible de faire à propos de ce que certains ont considéré comme une défiguration, afin de réhabiliter le terrain suivant les critères environnementaux mondiaux, afin que les Cèdres et la vallée de Qannoubine restent sous la protection des organisations internationales ».


Pour sa part, le ministre de l’Environnement Nazem el-Khoury a appelé hier « à la préservation de notre cèdre libanais, qui se trouve au centre de notre drapeau ». Il a dénoncé « toutes les agressions contre les forêts de cèdres et contre toute autre réserve naturelle ». Il a insisté sur la nécessité d’augmenter les espaces verts et de protéger les forêts contre les incendies. Il s’exprimait devant un groupe d’élèves de l’École évangélique, qui participait à un programme de reboisement.


Notons enfin que nous avons reçu de Riyad Keyrouz, président du Comité des amis des cèdres (l’ONG chargée de s’occuper de la forêt), des précisions supplémentaires concernant les propos qui lui ont été attribués dans notre article paru le mercredi 14 août. Il tient à préciser que « la forêt n’a pas été altérée, ce qui est important ». Il souligne également que « le comité n’a pas pris position contre cette infraction parce que ses membres ne sont pas tombés d’accord sur la réaction à cette question sensible ».
Rappelons que, selon les écologistes, des travaux d’aménagement aussi vastes entrepris à la lisière de la forêt ont un impact certain sur un site naturel qui n’a plus beaucoup de défenses naturelles, et nécessite donc une protection accrue.

 

Pour mémoire

Les alentours de la forêt des cèdres défigurés... pour un mariage

Suite au tollé provoqué par les travaux de construction de gradins dans la périphérie de la forêt de cèdres de Bécharré (voir notre édition du mercredi 14 août), dans le cadre de la préparation d’un mariage, le ministre de la Culture, Gaby Layoun, a indiqué à L’Orient-Le Jour avoir envoyé une lettre à la direction générale des Forces de sécurité intérieure (FSI), les notifiant de la situation et leur demandant l’arrêt des travaux. Dans cette lettre, il dit s’être porté partie civile contre tous ceux qui ont participé à cette infraction. Le ministre a envoyé deux autres lettres, l’une au ministre de l’Environnement Nazem el-Khoury, l’autre au ministre de l’Agriculture Hussein Hajj Hassan, pour les tenir informés. Toutes ces lettres étaient accompagnées de photos des travaux sur le site.
Bien...
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