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Sport

Hauteur messieurs : Bondarenko, ou la filiation illustre

Ukraine-Russie, c’est la quintessence du saut en hauteur qui s’exprimera lors de la 6e journée des Mondiaux d’athlétisme, demain à Moscou, avec le duel aérien pour l’or entre l’Ukrainien Bohdan Bondarenko et le Russe Ivan Ukhov, champion olympique.
Au temps de l’URSS, l’Ukraine était la grande pourvoyeuse des champions du saut vertical, avec, par-dessus tout, Valeriy Brumel et Vladimir Yashchenko, qui ont scandé l’histoire et inspiré des générations.
À l’évocation de « Volodja » Yashchenko, mort en 1999 d’une cirrhose du foie à 40 ans, le visage de Bondarenko s’éclaire. « Oui, on m’a beaucoup parlé de lui, mon père (et entraîneur) Viktor surtout », raconte l’Ukrainien, auteur de la meilleure performance des 19 dernières années avec 2,41 m le mois dernier à Lausanne.

Flash-back
Le 3 juillet 1977 à Richmond (Virginie), lors du match États-Unis-URSS juniors, Yashenko, 18 ans, efface facilement 2,33 m à son 1er essai, nouveau record du monde. C’est la stupéfaction, d’autant que le jeune homme, cheveux longs et visage d’ange, brouille les pistes en remettant à l’honneur le ventral que le « Fosbury flop » avait supplanté dix ans auparavant.
« C’était une anomalie dans une équipe très “militaire”, avec son air bohème et sa propension à tout oublier, chaussures et sac de sport sur le terrain », explique une journaliste de Kiev.
Des scientifiques soviétiques, intrigués par l’élasticité de ses chevilles, avaient estimé que Yashchenko pourrait franchir un jour 2,50 m. Mais le genou gauche, usé par l’intensité des entraînements et compétitions, en décida autrement. Pour le « Jim Morrison de la hauteur », cela signifia à 20 ans la fin d’une carrière qui avait culminé à 2,35 m. Le début d’une lente agonie et l’enterrement du ventral.

L’albatros
Le style classique avait été illustré au début des années 60 par Brumel, né en Sibérie mais formé en Ukraine. Sous son impulsion, le record passa de 2,23 à 2,28 m.
« Avec lui, la guerre froide se transforme en “paix des braves” au stade d’athlétisme », avait souligné le magazine américain Sports Illustrated, allusion à la standing ovation de cinq minutes que les 80 000 spectateurs de Palo Alto (Californie) avaient réservée au champion soviétique le 22 juillet 1962, alors qu’il venait de porter sa marque à 2,26 m.
« C’était une icône, comme Youri Gagarine, le premier homme dans l’espace, duquel on le rapprochait. Tous deux s’élevaient après tout dans les airs », rappelle Ukhov. Le mythe est resté, amplifié par le destin tragique de « l’albatros », qui se fracassa un tibia et les chevilles dans un accident de moto, à 23 ans, un an après son sacre olympique à Tokyo (1964). La science tenta de lui redonner une impulsion, mais en vain.
Et le fantasque Ukhov, surpris ivre sur le sautoir du meeting de Lausanne en 2008, sait qu’il est de la veine de ses illustres prédécesseurs.
Même Bondarenko a un « grain » sous des allures de jeune homme tranquille. À Londres, le 26 juillet, après avoir franchi 2,38 m, il a demandé à ce qu’on pose la barre à 2,47 m, deux centimètres plus haut que le record du monde du Cubain Javier Sotomayor, vieux de 20 ans.
Pourquoi 2,47 et pas 2,46 m ? « 2-4-7, c’est le code d’accès à ma porte d’escalier qui est bien imprimé dans ma tête », a répondu l’Ukrainien. Pour qui les 2,50 m ne sont plus une chimère.
Ukraine-Russie, c’est la quintessence du saut en hauteur qui s’exprimera lors de la 6e journée des Mondiaux d’athlétisme, demain à Moscou, avec le duel aérien pour l’or entre l’Ukrainien Bohdan Bondarenko et le Russe Ivan Ukhov, champion olympique.Au temps de l’URSS, l’Ukraine était la grande pourvoyeuse des champions du saut vertical, avec, par-dessus tout, Valeriy Brumel et Vladimir Yashchenko, qui ont scandé l’histoire et inspiré des générations.À l’évocation de « Volodja » Yashchenko, mort en 1999 d’une cirrhose du foie à 40 ans, le visage de Bondarenko s’éclaire. « Oui, on m’a beaucoup parlé de lui, mon père (et entraîneur) Viktor surtout », raconte l’Ukrainien, auteur de la meilleure performance des 19 dernières années avec 2,41 m le mois dernier à Lausanne.Flash-backLe 3 juillet...
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