Soucieux de rassurer les consommateurs chinois et préserver l’image du groupe dans le pays, où le marché des produits laitiers est en plein essor, le patron de Fonterra s’est donc déplacé en personne à Pékin. « Nous présentons nos plus profondes excuses aux personnes qui ont été affectées », a déclaré Theo Spierings hier, tout en affirmant que sa coopérative avait donné l’alerte dès la confirmation de la contamination. Il répondait au Premier ministre néo-zélandais John Key, qui a souligné « les risques » pris par le groupe, plus grosse coopérative laitière dans le monde en termes de production. « Je m’étonne qu’en mai 2012, lorsque le petit-lait en question a été produit, (Fonterra) ait remarqué quelque chose lors de tests, mais que cela n’ait manifestement pas été jugé suffisamment inquiétant, puisque l’entreprise a autorisé » les lots à sortir de l’usine, avait déclaré M. Key. De son côté, M. Spierings a affirmé que les premiers signes d’une contamination des lots n’étaient apparus que lors d’analyses réalisées en mars dernier, dix mois après la production, et que des tests supplémentaires avaient été nécessaires pour identifier « la racine » du problème et « la souche exacte » de la bactérie.
En Asie, Singapour et la Malaisie ont rappelé « par mesure de précaution » certains des laits infantiles de marques clientes du groupe néo-zélandais. En Russie, les autorités ont annoncé l’interdiction des produits laitiers de Fonterra, tandis qu’en Arabie saoudite un lot de lait maternisé contenant la bactérie a été saisi avant qu’il ne soit distribué sur le marché. La Chine avait été frappée en 2008 par un retentissant scandale du lait frelaté à la mélamine, qui avait tué six enfants et rendu malade 300 000. L’entreprise chinoise qui le commercialisait était contrôlée en partie par Fonterra. La succession d’affaires ayant terni ces dernières années l’industrie laitière chinoise incite des millions de familles à s’approvisionner en lait maternisé à l’étranger, ou à défaut à acheter les marques étrangères vendues en Chine, de loin le plus gros importateur de produits laitiers dans le monde. Et quelque 95 % des importations chinoises de lait en poudre provenaient de Nouvelle-Zélande au premier trimestre de l’année 2013, ce qui explique la rapide réaction de Wellington.
(Source : AFP)


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