La fermeture de l’ambassade de France à Sanaa pourrait durer « plusieurs jours », a déclaré le président français François Hollande. Mohammad Huwais/AFP
Le dispositif de sécurité a été renforcé autour des ambassades occidentales à Sanaa, dont certaines étaient fermées hier, alors que des membres des Forces spéciales yéménites étaient postés devant les chancelleries fermées des États-Unis, du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne, ainsi que celles d’autres pays. Un drone, probablement américain, survolait la capitale en milieu de journée, ont constaté des habitants. Le quartier de Hadda, dans le sud de la capitale, où se trouvent plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques dont celles de France, d’Allemagne et d’Arabie saoudite, était quadrillé par des forces spéciales de la garde présidentielle. Autour des ambassades américaine et britannique, situées dans le nord-est de Sanaa, les mesures de sécurité, en vigueur depuis plusieurs années, ont été renforcées hier. « Nous sommes déjà en état d’alerte mais nous avons redoublé de vigilance », a déclaré un policier.
Aux points de contrôle mis en place depuis le début de la semaine par les forces de sécurité et l’armée sur les principaux axes routiers de Sanaa, les forces de l’ordre procèdent à des contrôles réguliers, en particulier pour les accès menant aux chancelleries occidentales, selon des habitants. Ces barrages, qui ont aussi fait leur réapparition autour de Sanaa et sur les routes reliant la capitale aux grandes villes du pays, ont été rétablis au début de la semaine, « une mesure préventive durant les dix derniers jours du ramadan », une période marquée parfois par des attaques d’extrémistes, a indiqué une source de la sécurité. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont donc décidé de fermer leur ambassade à Sanaa pendant au moins deux jours, hier et aujourd’hui, après l’alerte lancée par Washington sur un risque élevé d’attentats d’el-Qaëda en août.
Rappelons que Washington mène de nombreuses opérations contre les extrémistes islamistes au Yémen, en particulier des attaques de drone, avec l’accord tacite de Sanaa. El-Qaëda dans la Péninsule arabique (AQPA), basée au Yémen et très active, est considérée par les États-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste dans le monde. La fermeture de l’ambassade de France à Sanaa pourrait durer « plusieurs jours », a précisé pour sa part le président François Hollande, alors que le Canada a décidé de fermer préventivement hier sa représentation diplomatique à Dacca, au Bangladesh.
Du « jamais-vu »
Les ambassades des États-Unis dans les monarchies voisines du Golfe étaient également fermées hier, ainsi que dans d’autres pays arabes comme l’Algérie ou la Jordanie. « Les mesures de sécurité ont été renforcées autour de la chancellerie américaine » à Amman, a indiqué un responsable jordanien. Mais, a-t-il ajouté, « nous n’avons pas relevé de menaces » spécifiques. Un ancien officier de la CIA, Robert Baer, a déclaré à CNN n’avoir jamais vu, en 21 ans passés à l’agence de renseignement américaine, « 22 ambassades fermées simultanément ». Il a aussi estimé qu’el-Qaëda avait effectué un retour sur le devant de la scène avec les récentes évasions de ses membres de prisons irakiennes et libyennes et l’instabilité en Égypte.
Le département d’État américain a par ailleurs diffusé un avis de prudence à l’attention de tous ses ressortissants dans le monde : des attentats sont possibles « particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », et Washington a aussi insisté sur « la péninsule Arabique ». Une réunion au sommet consacrée aux menaces d’el-Qaëda s’était d’ailleurs tenue ce week-end à la Maison-Blanche, alors qu’Interpol a lancé une alerte globale de sécurité invitant les pays membres à la plus grande vigilance face à la menace d’el-Qaëda. Car il y a au moins une menace concrète : dans un enregistrement audio posté sur des forums jihadistes, le chef d’el-Qaëda, Ayman el-Zawahiri, a accusé les États-Unis d’avoir « comploté » avec l’armée égyptienne et la minorité chrétienne copte pour faire destituer le président islamiste égyptien Mohammad Morsi début juillet.
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12 h 32, le 05 août 2013