Vendredi, Navi Pillay, haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, avait appelé à la création d’une enquête indépendante sur des douzaines d’exécutions présumées de soldats pro-Assad par des rebelles à Khan el-Assal, près d’Alep. La Coalition affirme s’engager à « respecter les traités internationaux » et se dit « prête à poursuivre tous ceux qui sont impliqués dans des crimes ou délits commis à l’encontre des Syriens, quelle que soit la partie à laquelle ils appartiennent ». Elle a appelé Mme Pillay à « œuvrer rapidement pour enquêter sur tous les massacres commis (..), notamment ceux perpétrés lors du mois du ramadan » par les forces du régime.
Combats meurtriers
Sur la défensive depuis plusieurs semaines, les rebelles syriens se sont emparés samedi d’un important dépôt d’armes et de munitions au nord de Damas. Des vidéos diffusées par l’opposition montrent des insurgés hilares sortant des caisses d’armes du dépôt situé à Denha, près de la ville de Tabroud. Les rebelles ont notamment mis la main sur des missiles antichars et des roquettes, toutes armes dont ils manquent cruellement et dont l’apport renforcera leur puissance de feu face à un adversaire bien mieux équipé. Les opposants ont notamment trouvé sur les lieux des missiles antichars Milan de fabrication française, ainsi que des missiles Konkurs et des roquettes Grad d’origine russe.
Plus au nord, à Homs, l’armée concentrait ses attaques sur Jouret al-Chiyah et Qoussour, deux zones rebelles proches du quartier de Khaldiyé. Dans la province de Hassaké, à 600 km au nord de Damas, les combats se poursuivaient entre les combattants kurdes et les jihadistes, deux semaines après l’expulsion des rebelles islamistes de Ras el-Aïn, à la frontière avec la Turquie. La Coalition, qui jusqu’à présent avait gardé un silence embarrassé sur ces combats, a souligné que « les milices d’Assad doivent être l’unique cible visée » par la rébellion.
Près de la frontière libanaise, les corps de trois personnes ont été retrouvés à proximité de l’hôpital al-Qalamoun, tués par balles, a indiqué l’agence officielle SANA. En outre, six Syriens ont été tués et neuf blessés alors qu’ils tentaient de passer la frontière vers le Liban, selon l’un des blessés. De plus, cinq membres d’une famille favorable au régime de Bachar el-Assad ont été assassinés par des hommes armés dans le nord de Damas, a indiqué l’OSDH. « Un homme, sa femme et ses trois filles ont été tués par des inconnus dans leur maison » dans un quartier huppé du nord de Damas. Dans l’ouest du pays, une bataille entre rebelles et forces du régime a causé la mort d’au moins 30 personnes des deux camps et une voiture piégée a explosé à un poste de contrôle de l’armée dans le quartier de Boustane al-Dour, au sud de Damas. Les forces du régime ont continué hier leur bombardement de Barzé, dans le nord et Jobar dans l’est, a précisé l’OSDH, qui a fait également état de combats dans Jabal al-Akrad, dans la province de Lattaquié, au cours desquels 12 rebelles et 19 soldats et supplétifs ont trouvé la mort. Durant la matinée, les insurgés avaient attaqué plusieurs postes de contrôle de l’armée et l’aviation avait riposté en les bombardant. Et à Ariha, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays, quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées dans un bombardement, toujours selon la même source.
Le sort des enfants syriens
En outre, la Coalition nationale syrienne a appelé à la libération immédiate du père jésuite italien Paolo Dall’Oglio qui s’était rendu à Raqqa, dans le Nord, pour rencontrer des jihadistes, et dont on est sans nouvelles depuis. Une ONG syrienne a dit craindre que le jésuite, un fervent opposant au régime de Bachar el-Assad, ait été enlevé par des jihadistes.
L’Unicef a pour sa part tiré la sonnette d’alarme sur le sort des femmes et des enfants de Homs, exhorté rebelles et forces du régime à lui permettre d’accéder aux quelque 400 000 civils bloqués dans la ville. « Ceux impliqués (dans les combats) ne peuvent-ils reconnaître que les femmes et les enfants à Homs, et dans toute la Syrie, doivent être épargnés de toute souffrance ? » a déclaré Anthony Lake, directeur général de l’Unicef.
Enfin, le président Bachar el-Assad a partagé hier un iftar avec des personnalités politiques et religieuses de Syrie, saluant le peuple syrien qui « s’est rangé du côté de l’armée » dans le conflit qui ensanglante le pays depuis 28 mois, selon l’agence SANA. Pendant cet iftar, « le président Assad a prononcé un discours, dans lequel il a parlé de l’importance de (...) l’éthique et l’amour dans la société, particulièrement durant (...) le ramadan », poursuit SANA. M. Assad a également « parlé des derniers développements dans la crise en Syrie et des réalisations héroïques de l’armée syrienne dans la défense du pays ».
Toutefois, à quelques jours de la fête du Fitr qui marque la fin du ramadan, aucune trêve ne semble en vue en Syrie.
(Source : AFP)

