L’Unama regrette que « le gouvernement afghan n’ait pas encore mis en œuvre les mesures concrètes à même de limiter le nombre de victimes civiles ». L’ISAF a estimé pour sa part que cette hausse inquiétante des victimes civiles après presque 12 ans de guerre apportait la preuve que les insurgés « ne tiennent pas leur promesse de protéger les civils ». Le ministère afghan de l’Intérieur a renchéri sur ce thème en affirmant que les talibans utilisaient les civils comme « boucliers humains ».
« Nous rejetons fermement ce rapport sans fondement, ont riposté les insurgés. Comme d’habitude, ce document a été préparé et publié par l’Unama à la demande des Américains et il est complètement partial. »
Le rapport relève que l’une des armes de prédilection des talibans, les engins explosifs artisanaux, reste en 2013 à l’origine du plus grand nombre de victimes civiles (35 %). Ces bombes ont fait 443 morts et 917 blessés dans les six premiers mois de l’année, soit un tiers de plus qu’au premier semestre 2012. L’Unama donne l’effroyable exemple d’une bombe camouflée dans un « téléphone jouet » qui a tué une fillette de 10 ans, le 12 juin dernier, dans la province de Nangarhar.
Victimes
Mais la mission de l’ONU s’alarme également d’une « nouvelle tendance » : l’augmentation du nombre de civils victimes des affrontements de plus en plus fréquents entre les forces afghanes et les insurgés. Quelque 207 civils ont ainsi été tués et 764 blessés au cours de combats en 2013 (+42 %).
Les 350 000 hommes des forces de sécurité afghanes (policiers, militaires, paramilitaires) sont de plus en plus exposés aux assauts des rebelles depuis que ces forces ont pris la responsabilité de la sécurité du pays en lieu et place de l’ISAF, qui se contente désormais d’une mission de soutien et de formation.
La majorité des 100 000 membres de la coalition doit quitter progressivement l’Afghanistan d’ici à fin 2014. Les forces afghanes, moins entraînées, moins bien équipées et minées par des problèmes de désertion, arriveront-elles à prendre le relais ?
D’après l’analyste Kate Clark, du centre de réflexion Afghanistan Analysts Network, « il n’y a aucun élément pour étayer la thèse du président (afghan Hamid) Karzaï selon laquelle les insurgés se calmeraient à mesure que les troupes étrangères partiraient ». L’Unama recommande d’ailleurs à l’ISAF de « renforcer son soutien » aux forces afghanes. Le Pentagone a lui-même estimé mardi dans un rapport que si l’armée afghane était de plus en plus efficace, elle aura besoin « d’une aide continue et d’un soutien militaire » jusqu’à fin 2014.
(Source : AFP)

