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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Grosse pression de l’opposition laïque sur le gouvernement islamiste

Une nouvelle manifestation antigouvernementale se déroulait hier à Tunis devant l’Assemblée nationale constituante (ANC), en présence du fils de Mohammad Brahmi, le député de gauche assassiné jeudi. Après la dispersion brutale des manifestants dans la nuit de samedi à dimanche par la police, le ministre de l’Intérieur a toutefois promis de veiller désormais à la sécurité des manifestations pacifiques. « Le ministre nous a dit qu’il a clairement donné des ordres aux agents de ne plus utiliser la force contre les manifestants et participants au sit-in devant l’Assemblée nationale constituante », a déclaré le député Samir Taïeb, figure connue de la contestation. Un appel a été lancé peu après par le « Front du salut national de la Tunisie » nouvellement créé, demandant aux Tunisiens de se rendre devant l’ANC, sur la place du Bardo en périphérie de Tunis, « en apportant son repas pour un iftar géant en famille (...) dès lors que la sécurité du rassemblement a été garantie par le ministre de l’Intérieur en personne ». Pendant ce temps, le gouvernement a prévu une réunion de crise aujourd’hui. Dans un appel télévisé, le président de l’ANC Mustapha ben Jaafar a prôné « la retenue » et invité les députés à occuper leurs sièges pour « finir le travail sur la Constitution » avançant fin août comme date limite à son adoption.

Salut national
Samedi, après les funérailles de Mohammad Brahmi, tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant, un député de gauche avait été blessé lorsque des protestataires avaient été brutalement dispersés par la police devant l’ANC, où des milliers de manifestants anti et progouvernement avaient finalement campé jusqu’à l’aube. La contestation risque de s’amplifier avec l’appui de la puissante centrale syndicale (UGTT) qui a décrété une grève générale largement suivie vendredi. Hier, ce syndicat qui revendique un demi-million d’adhérents a haussé le ton condamnant « des attaques injustifiées de la police contre les manifestants samedi ». La centrale, très politisée, doit tenir une réunion décisive aujourd’hui. « Après l’assassinat de Mohammad Brahmi, le gouvernement incompétent doit démissionner et laisser la place à un gouvernement de salut national », a déclaré M. Taïeb. Les autorités ont désigné les auteurs de l’assassinat, comme étant des salafistes jihadistes proches d’Ansar Ashariaa, une organisation dont des membres sont soupçonnés d’être liés à el-Qaëda. Ansar Ashariaa a d’ailleurs démenti hier toute implication, dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, affirmant n’avoir « aucun lien avec cet assassinat politique qui fait partie de tentatives connues pour pousser le pays vers le chaos et ne profite qu’aux résidus de l’ancien régime et aux suppôts des sionistes et croisés ».

(Sources : agences)
Une nouvelle manifestation antigouvernementale se déroulait hier à Tunis devant l’Assemblée nationale constituante (ANC), en présence du fils de Mohammad Brahmi, le député de gauche assassiné jeudi. Après la dispersion brutale des manifestants dans la nuit de samedi à dimanche par la police, le ministre de l’Intérieur a toutefois promis de veiller désormais à la sécurité des manifestations pacifiques. « Le ministre nous a dit qu’il a clairement donné des ordres aux agents de ne plus utiliser la force contre les manifestants et participants au sit-in devant l’Assemblée nationale constituante », a déclaré le député Samir Taïeb, figure connue de la contestation. Un appel a été lancé peu après par le « Front du salut national de la Tunisie » nouvellement créé, demandant aux Tunisiens de se rendre...
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