Un haut responsable militaire a confirmé que l’armée « allait mener une opération dans le Sinaï », sans donner davantage de détails. L’armée connaît le nom des meneurs et où ils se trouvent, a-t-il dit, en ajoutant que la plupart des hommes armés « vivaient avec leurs familles, dans des villages ».
L’armée mènera cette opération avec prudence, a-t-il dit, afin d’éviter toute friction avec les civils, mais « nous ne voulons pas que les choses nous emmènent à un stade affectant notre sécurité nationale ».
Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a annoncé hier qu’Israël avait donné son feu vert au déploiement de renforts de l’armée égyptienne dans le Sinaï pour « lutter contre le terrorisme ». La radio militaire israélienne a précisé qu’il s’agissait de deux bataillons égyptiens supplémentaires. « Tant que ces forces sont impliquées dans la lutte contre le terrorisme, que nous sommes consultés et que cela ne porte pas atteinte au traité de paix entre les deux pays, nous acceptons leur demande afin qu’ils puissent relever le défi des terroristes dans le Sinaï », a souligné M. Yaalon.
L’accord de paix conclu en 1979 prévoit une limitation de la présence militaire égyptienne dans le Sinaï, mais des dérogations temporaires sont possibles par agrément mutuel.
Selon les analystes, les violences dans le Sinaï peuvent être imputées à des extrémistes islamistes cherchant à tirer profit de l’instabilité politique régnant depuis la déposition par l’armée de M. Morsi le 3 juillet. Les activistes « déjà radicaux sont enhardis par la destitution de M. Morsi et la voient comme une opportunité pour se comporter de façon plus agressive », estime ainsi Shadi Hamid, directeur de recherche au Brookings Doha Center. « Ils tirent bénéfice de la montée de la colère » dans les milieux islamistes.
Mais, avant même l’éviction de M. Morsi, le Sinaï connaissait depuis longtemps une forte tendance à la contestation de l’autorité centrale. La région est ainsi en proie à une instabilité croissante depuis la chute début 2011 de Hosni Moubarak. Majoritairement peuplée de bédouins depuis longtemps en conflit avec Le Caire, elle abrite également des islamistes radicaux qui s’en servent comme base pour lancer des attaques contre Israël.
La proximité de la bande de Gaza en fait par ailleurs une région de prédilection pour les trafics de toutes sortes à destination de l’enclave palestinienne. Selon Oliver Coleman, analyste chez Maplecroft, des extrémistes armés dans le nord du Sinaï pourraient profiter du fait que l’armée se concentre sur le déroulement de la délicate transition politique en cours. « Les militaires vont devoir maintenir une présence significative dans les villes de la vallée et du delta du Nil, ainsi que sur le canal de Suez, dans les semaines à venir », estime-t-il dans un rapport.
(Source : AFP)

