Le Service fédéral des migrations (FMS) affirme que le demandeur d’asile peut circuler librement en Russie dès l’enregistrement et non l’acceptation de sa demande. Tatyana Makeyeva/Reuters
Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a de son côté souligné en substance qu’il s’agissait d’une requête a minima n’impliquant pas de décision du Kremlin, comme ce serait le cas pour un asile politique. « S’il s’agit d’un asile temporaire, cela ne concerne pas le président, mais le Service fédéral des migrations », a déclaré M. Peskov. Moscou souhaite que cette affaire « ne nuise pas au développement positif des relations de la Russie avec les États-Unis », a-t-il ajouté, alors que Washington a demandé à nouveau l’extradition de l’analyste hier, selon le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney. M. Snowden « n’est pas un militant des droits de l’homme, ce n’est pas un dissident. Il est accusé d’avoir révélé des informations classifiées. Il est visé par trois chefs d’inculpation (...) et pour ces raisons il devrait être renvoyé aux États-Unis », a déclaré M. Carney lors de son point de presse quotidien.
Le Kremlin, dont les réactions ont révélé depuis trois semaines un certain embarras, a gardé ses distances avec l’affaire Snowden. L’informaticien avait en effet demandé début juin l’asile politique à la Russie. Mais il était revenu sur sa demande après que M. Poutine eut posé comme condition que l’ancien consultant de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) cesse ses révélations sur le programme de surveillance électronique américain. Selon Me Koutcherena, Edward Snowden a cette fois accepté les conditions posées. Dans d’autres déclarations à la télévision russe, il a affirmé qu’Edward Snowden avait fait part de sa crainte d’être soumis à « la torture ou la peine de mort ».
Le président Vladimir Poutine a souligné lundi qu’Edward Snowden n’avait pas initialement l’intention de rester en Russie, y avait été bloqué par les pressions des États-Unis sur des pays tiers et qu’il repartirait « dès qu’il aurait la possibilité d’aller ailleurs ». Hier, avant l’annonce de M. Snowden, les interrogations étaient cependant nombreuses sur les coulisses de la demande d’asile de l’Américain. La militante des droits de l’homme et spécialiste des questions d’asile Svetlana Gannouchkina avait notamment exprimé ses doutes sur cette affaire qui dure depuis quatre semaines. « Je ne comprends pas au profit de qui est jouée toute cette comédie », a déclaré Mme Gannouchkina, membre notamment de l’ONG Memorial, se demandant si la situation n’était pas « orchestrée par d’autres personnes ».
Vladimir Poutine a affirmé à plusieurs reprises que les services secrets russes n’avaient « pas travaillé » et ne travaillaient pas avec Edward Snowden. Mais nombre d’observateurs ont estimé que la rencontre de vendredi à l’aéroport de Moscou, à laquelle avaient été conviés des défenseurs des droits de l’homme, des avocats et un député proche du Kremlin, n’avait pas pu être organisée sans la participation des services russes. Selon son site Internet, Me Anatoli Koutcherena est à la fois vice-président de l’Union des avocats russes, membre du Conseil des droits de l’homme auprès du président russe et du Conseil consultatif du Service fédéral de sécurité (FSB).
Yahoo, Google et Microsoft
Enfin, le tribunal secret américain chargé de superviser les programmes de surveillance révélés par Edward Snowden a pressé le gouvernement de dire d’ici au 29 juillet quels documents pourraient être déclassifiés, en ce qui concerne le groupe Internet Yahoo !. Après les révélations de l’ancien consultant de l’agence américaine d’espionnage NSA, Yahoo ! – comme d’autres sites Internet – avait demandé que les décisions de justice l’obligeant à participer au programme Prism soient rendues publiques, afin de prouver au grand public que l’accès de la NSA à ses serveurs était limité et strictement encadré. D’autres groupes Internet, dont Google et Microsoft, réclament aussi la déclassification des décisions du tribunal, créé en 1978 et qui est chargé depuis 2006 de superviser les vastes programmes de recueil de données de la NSA.
(Sources : agences)

