Exposition

Carla Barchini fait peau neuve

À la galerie Art on 56th*, des œuvres sur bois, métal ou cuir s’exposent jusqu’au 27 juillet. « Beyond Matter » est le travail de l’artiste multidisciplinaire Carla Barchini, établie depuis neuf mois au Liban, et qui est allée à la quête de soi.

Dilution des teintes dans une légère transparence.

Elle a parcouru les Alpes en solitaire. Trois mois de longues marches, de contemplation, de méditation et de connexion avec la nature. Née à Beyrouth en 1971, Carla Barchini a grandi entre le Liban, la France et la Suisse. Elle s’installe à Florence en 2007 où elle suit une formation de restauratrice de meubles anciens et retourne à Beyrouth pour enfin s’y établir.
C’est auprès des maîtres en dorure, marqueterie, sculpture, peinture et travail du cuir de l’artisanat de la Renaissance qu’elle a pratiqué ces techniques régulièrement pendant cinq ans au sein d’ateliers typiques florentins. Et pourtant cette psychologue, née d’un père architecte et artiste, ne se prédestinait pas au milieu de l’art. « Le décès de mon père a constitué un nouveau virage dans ma vie », confie-t-elle. Depuis, elle n’aura de cesse d’enrichir son travail et de créer ses propres œuvres en mêlant passéisme et contemporanéité. Et si on lui demande ses coordonnées, elle n’hésite pas à répondre : « Sur la lune. »

Redonner vie à la matière
En effet à bien regarder ces planches de bois, grand ou petit format, et les croquis abstraits, lignes, traits ou points qui les habitent, elles sont toutes reliées par un fil indicible presque invisible. Leur regard converge vers le ciel aspirant un air plus purifié et purificateur.
Dans « Beyond Matter », tout est aérien, tant les échelles suspendues sans aucun appui que les fils où funambules dansent dans le ciel ou les cimes qui côtoient les nuages dans une brume vaporeuse. Mais tout est également secret. Les clefs souvent blotties au cœur du tableau en témoignent.
Sur les supports, souvent inspirés de sa vie privée (sommiers de lit, tréteaux de table...), qui racontent des histoires, Carla Barchini va laisser couler la peinture, la pointiller, la marteler et la graver. « Je suis dans ma peinture, dit-elle. Ainsi lorsqu’on achète une de mes œuvres, c’est une partie de moi-même qu’on s’approprie. » Et de poursuivre : « J’ai un rapport très physique avec mon travail. Il m’arrive de porter le bois, de le retourner et de le remuer dans tous les sens pour m’y imprégner vraiment. Je tente de retrouver quelque chose au cœur même de la matière tout en rencontrant mes propres possibilités. Cette matière qui est pour moi un miroir énergétique. » Tout incident technique et jeu de l’aléatoire sont un prétexte de créativité, que l’artiste exploite à loisir.
L’évasion et l’air sont donc les repères de cette galaxie tantôt bleutée, rougeâtre et solaire, tantôt noire mais scintillante, qu’habite l’artiste. Pour Barchini qui avoue n’avoir pas les pieds sur terre, multiplier les expositions depuis 2010 est une occasion pour partager son univers avec l’autre. Il s’agit de trois collectives, « Oniricum, Natura tra sogno e realta » au musée de la Specola en Florence, la seconde à l’atelier Nawbar, Hamra et la troisième à Beyrouth Art Fair, ainsi qu’une personnelle au Crédit agricole à Genève.
À Beyrouth (ce Beyrouth chaotique et volcanique qu’elle a su reproduire en martelant un capot de voiture), Carla Barchini a installé son atelier où elle vit parmi le bois, le fer et la pelleterie. Elle s’y sent bien. « J’ai changé ma vie à l’âge de 35 ans, conclut-elle. Je suis devenue plutôt moi-même. »

*Art on 56th (Gemmayzé)
Tél : 01-570331

Elle a parcouru les Alpes en solitaire. Trois mois de longues marches, de contemplation, de méditation et de connexion avec la nature. Née à Beyrouth en 1971, Carla Barchini a grandi entre le Liban, la France et la Suisse. Elle s’installe à Florence en 2007 où elle suit une formation de restauratrice de meubles anciens et retourne à Beyrouth pour enfin s’y établir.
C’est...

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