Menée par « El Negro », une bande de « manifestants » tient tête à la police de Santiago au Chili. Martin Bernetti/AFP
La participation des chiens de Santiago a pris de l’importance après le début des grandes marches étudiantes de 2011, qui réclamaient un système éducatif gratuit et de qualité en replacement de l’actuel, coûteux et inégalitaire, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Leur omniprésence dans les photos de presse lors des affrontements entre policiers et manifestants a fait le tour du monde.
El Negro...
Le plus célèbre, baptisé El Negro, un bâtard au poil noir portant un foulard autour du cou, possède sa propre page Facebook avec plus de 6 000 amis et un compte Twitter, suivi par quelque 2 000 usagers. « Révolutionnaire authentique, père chilien de 32 fils (reconnus), époux de six dames, ami du peuple et le pire cauchemar de la police », indique sa biographie sur les réseaux sociaux.
« Les chiens sont un grand classique des défilés, ils défendent même les étudiants de la police », affirme Marisol Vargas, une jeune employée participant à la marche sur la principale avenue de la capitale pour réclamer de meilleures conditions de travail dans le cadre d’une mobilisation nationale. Les chiens sont pourtant, tout comme l’homme, sensibles au gaz lacrymogène. Selon le vice-président du Collège vétérinaire du Chili, Fernando Álvarez, ils « en sont affectés, comme les manifestants, et ont probablement des irritations oculaires et de l’appareil respiratoire, et des pathologies chroniques, qui peuvent causer leur mort », dit-il.
Environ 500 000
Poussiéreux, sales, boitant et couverts de blessures, ces chiens ne paient pas de mine et vivent dans la rue. En bande, ils recherchent de la nourriture et courent après les voitures. S’il fait trop froid, certains montent dans les autobus pour se réchauffer. Ils seraient environ 500 000 chiens errants à déambuler dans les rues de Santiago, selon un recensement officiel. Ce recensement est le premier pas d’un plan destiné à contrôler la surpopulation canine, et dont le coût est estimé à 86 millions de dollars.
« C’est un sujet que nous devons aborder de façon globale. Si nous prenons soin de nos chiens, nous améliorons la qualité de vie non seulement de nos animaux domestiques, mais aussi des gens qui vivent et passent dans cette ville », a récemment plaidé le président de l’agglomération de Santiago, José Antonio Peribonio. Le programme prévoit notamment des stérilisations, des adoptions et la responsabilisation des propriétaires.
Entre-temps, ces multitudes de chiens parcourant les rues et les parcs de Santiago font partie du paysage habituel et pittoresque de la capitale, et s’attirent la curiosité de nombreux touristes.
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