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Moyen Orient et Monde - Corées

À Kaesong, Pyongyang et Séoul se séparent sans accord

Les discussions concernant la réouverture du site industriel reprendront le 15 juillet.

Le chef de la délégation sud-coréenne Suh Ho (à gauche) et son homologue nord-coréen à Kaesong. HO/AFP

Les deux Corées ont négocié hier, sans résultat, la réouverture du site industriel de Kaesong, fermé par Pyongyang début avril au plus fort des tensions entre les deux pays et qui n’a plus l’air que d’une ville fantôme menacée par la rouille. Les pourparlers reprendront le 15 juillet, a annoncé le chef de la délégation sud-coréenne après quatre heures d’entretiens. « Le Nord et le Sud sont convenus que le complexe devrait continuer à exister et être développé », a déclaré Suh Ho. « Nous avons discuté du fait que les trois mois de suspension ne devraient pas se reproduire après la réouverture. Nous en débattrons au cours de notre prochaine rencontre », a-t-il ajouté. Un convoi transportant au total quelque 130 délégués et chefs d’entreprise sud-coréens a traversé hier matin la « zone démilitarisée » (DMZ), un mur de fils de fer barbelés et de mines qui consacre depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53) la partition entre le Nord communiste et le Sud capitaliste. Les voitures étaient identifiées par des drapeaux rouges, une convention ancienne destinée à éviter les incidents frontaliers.
Située à dix kilomètres de la frontière en territoire nord-coréen, Kaesong est une véritable ruche en temps ordinaire avec plus de 50 000 personnes y travaillant quotidiennement. Le site est devenu sinistre. Les feux de signalisation ne fonctionnent plus, les échoppes sont fermées, les usines plongées dans le noir. Autour du bâtiment de 15 étages où se déroulent les pourparlers, des Nord-Coréens arrachent des herbes folles. Le chef de la délégation nord-coréenne s’était montré très pessimiste avant la rencontre. « Je suis très préoccupé par l’état des machines industrielles », avait confié Pak Shol-su. Outre la compensation du manque à gagner occasionné pour ses entreprises, Séoul exige un engagement ferme de la Corée du Nord en vertu duquel elle s’abstiendra à l’avenir de fermer unilatéralement le parc. « Nous n’accepterons pas de revenir aux conditions qui prévalaient avant la crise », a averti le porte-parole du ministère de l’Unification, Kim Hyung-suk. Mais cette concession sera difficile à accepter pour Pyongyang, car elle sonnerait comme un aveu de responsabilité alors que le régime communiste tient Séoul et son allié américain pour responsables des récentes tensions. Une vingtaine de Sud-Coréens se sont rendus mardi à Kaesong pour préparer le retour de l’activité sur le site et des dizaines de chefs d’entreprise ont fait le voyage hier, concomitamment aux négociations, pour inspecter leurs installations.
Les discussions du week-end ont marqué « un premier pas, mais la partie ardue commence maintenant », a souligné un responsable du ministère de l’Unification. Ces pourparlers sont intervenus après plusieurs mois de vives tensions sur la péninsule coréenne avec notamment des menaces de la part de la Corée du Nord, dont l’économie souffre d’un renforcement des sanctions infligées par les Nations unies après un essai nucléaire en février. La Corée du Nord, invoquant l’hostilité du Sud à son endroit, avait retiré le 8 avril ses 53 000 employés des 123 usines présentes sur ce site industriel. Le Sud avait retiré peu après ses cadres et contremaîtres. Les trois mois de fermeture ont coûté plus d’un milliard de dollars, selon les derniers chiffres disponibles fournis fin juin par Séoul.
Kaesong avait été mis en place dans le sillage de « la diplomatie du rayon de soleil », menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008 pour encourager les contacts entre les deux frères ennemis qui restent techniquement en guerre, puisque la guerre de Corée s’est achevée par un armistice et non par un traité de paix. Mise au ban des nations, intransigeante quant à l’arrêt de ses expérimentations nucléaires et balistiques exigé par les Occidentaux, la Corée du Nord cherche depuis quelques semaines à revenir dans le jeu diplomatique aux fins, selon les spécialistes, d’obtenir une aide financière et alimentaire. Pyongyang a même proposé aux Américains l’ouverture de pourparlers directs, mais Washington réclame « des actes » inconditionnels et concrets sur son programme nucléaire.
(Source : AFP)
Les deux Corées ont négocié hier, sans résultat, la réouverture du site industriel de Kaesong, fermé par Pyongyang début avril au plus fort des tensions entre les deux pays et qui n’a plus l’air que d’une ville fantôme menacée par la rouille. Les pourparlers reprendront le 15 juillet, a annoncé le chef de la délégation sud-coréenne après quatre heures d’entretiens. « Le Nord et le Sud sont convenus que le complexe devrait continuer à exister et être développé », a déclaré Suh Ho. « Nous avons discuté du fait que les trois mois de suspension ne devraient pas se reproduire après la réouverture. Nous en débattrons au cours de notre prochaine rencontre », a-t-il ajouté. Un convoi transportant au total quelque 130 délégués et chefs d’entreprise sud-coréens a traversé hier matin la « zone...
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