Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, est revenu à la charge samedi pour rappeler qu’il est indispensable que le Parlement se réunisse avant le 16 juillet, date prévue pour l’ouverture de la réunion étalée sur trois jours, pour étudier l’article 69 de la Constitution et voir si l’Assemblée nationale peut ou non légiférer en présence d’un gouvernement démissionnaire. La polémique politique porte, comme on le sait, sur ce point. « Les forces du 14 Mars n’essaient pas de paralyser l’action parlementaire », a-t-il insisté, en estimant que le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, qui avait également exprimé son opposition à l’initiative de M. Berry, « ne pouvait pas faire autrement et se devait de défendre l’autorité que représente la présidence du Conseil qui relève de la communauté sunnite ».
« Nabih Berry est centriste de par son cœur, mais sa raison l’oblige à suivre la ligne tracée par le Hezbollah », a poursuivi M. Makari, avant de plaider pour un règlement des postes vacants au niveau des services de sécurité. « Le vide est trop grave à la tête des FSI et le général Achraf Rifi (ancien directeur général à la retraite) n’a nul besoin de références. Sa présence de nouveau à la tête de cette direction est une nécessité et son parcours prouve qu’il est le plus à même de la diriger. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’autres officiers aussi capables que lui, mais le problème est que nous n’avons pas de gouvernement qui puisse actuellement procéder à des nominations », a expliqué M. Makari, en jugeant que le problème ne peut être réglé que par la formation d’un nouveau gouvernement.
Son collègue Élie Marouni a proposé une autre solution à l’affaire du Parlement : « Ouvrir une session parlementaire extraordinaire avec un ordre du jour bien précis, composé de textes de loi urgents et nécessaires », a-t-il indiqué dans une interview à l’agence locale al-Markaziya, avant de souligner qu’il mise toujours sur « la sagesse de M. Berry qui peut réviser l’ordre du jour des réunions qu’il souhaite convoquer et ajourner l’examen des textes contestés ».
L’initiative Berry a été cependant défendue par Ayoub Hmayed, qui a situé l’opposition manifestée à la convocation d’une réunion parlementaire dans le cadre d’une « volonté de marchandage et de troc ». « Certains veulent établir une équation leur permettant de procéder à des échanges », a-t-il déploré dans une allocution qu’il a prononcée samedi lors d’une cérémonie organisée par le mouvement Amal dans le village de Babiliyé au Liban-Sud. « Notre position a toujours été de préserver la Constitution sans empiéter sur les prérogatives d’aucune autre institution », a-t-il dit, en allusion à la présidence du Conseil.
Député du Hezbollah, Nawaf Moussaoui a accusé sans ambages le courant du Futur de « chercher à paralyser le Parlement, tout comme il bloque la formation d’un nouveau gouvernement à cause des conditions qu’il pose au sujet de sa composition ». Il lui a reproché de nuire ainsi aux intérêts de la population « puisqu’un grand nombre de textes de loi inscrits à l’ordre du jour des réunions des 16, 17 et 18 juillet concernent directement la vie de la population au quotidien ».
Selon lui, l’article 69 de la Constitution stipule spécifiquement que le Parlement est considéré d’office en session extraordinaire en présence d’un gouvernement démissionnaire. « Boycotter les réunions parlementaires constitue ainsi une atteinte à la Constitution », a-t-il indiqué dans l’allocution qu’il a prononcée lors de l’inauguration de projets d’infrastructure à Tayr Harfa, dans le caza de Tyr.
Il a ensuite plaidé pour la formation d’un nouveau gouvernement « sur base du mécanisme prévu par la Constitution et prévoyant une représentation juste des blocs parlementaires au sein de l’équipe ministérielle, d’autant que la Loi fondamentale d’aujourd’hui n’est plus celle de 1943 qui faisait du ministre un adjoint du chef de l’exécutif ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine