« Tamarod », peut-on lire en arabe sur ce mur place Tahrir au Caire. Cette campagne revendique 15 millions de signatures pour une pétition réclamant le départ de Mohammed Morsi. Amr Abdallah Dalsh/Reuters
M. el-Khayyat a été nommé gouverneur de Louxor par décret présidentiel il y a une semaine, dans le cadre d’un vaste mouvement au cours duquel 17 des 27 gouverneurs du pays ont été remplacés. Pour protester contre la nomination de M. el-Khayyat, le ministre du Tourisme, Hicham Zaazou, a présenté sa démission, que le Premier ministre a dit avoir refusée. Mais une porte-parole du chef du gouvernement avait indiqué que le ministre avait insisté sur le fait qu’il cesserait de travailler « aussi longtemps que le nouveau gouverneur resterait à son poste, portant grandement préjudice au tourisme en Égypte et tout particulièrement à Louxor ». La nomination de M. el-Khayyat a aussi provoqué la colère dans le secteur touristique, très rentable avant la révolte de 2011 ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak, mais qui a depuis grandement pâti de l’instabilité sur le plan sécuritaire et politique. Des employés du secteur touristique de Louxor avaient ainsi menacé de bloquer l’accès aux temples pharaoniques et d’autres sites antiques dont la région regorge si cette nomination était maintenue, en faisant valoir qu’elle risquait de ruiner les espoirs de reprise de cette activité.
Baradei appelle Morsi à démissionner
Par ailleurs, un des principaux responsables de l’opposition, Mohammad el-Baradei, ancien chef de l’agence atomique de l’ONU, a appelé samedi le président Mohammad Morsi à démissionner. « J’appelle le président Morsi et les Frères musulmans (dont il est issu) à entendre les cris qui montent de toute l’Égypte », a poursuivi le chef du parti el-Dostour et responsable du Front du salut national (FSN), principale coalition de l’opposition. « Nous voulons une Égypte qui soit celle pour laquelle la révolution a eu lieu », a-t-il ajouté. Une campagne intitulée Tamarod (rébellion) appelle à manifester le 30 juin, premier anniversaire de l’investiture de M. Morsi, devant le palais présidentiel au Caire. Tamarod revendique 15 millions de signatures pour une pétition réclamant le départ de M. Morsi, accusé de vouloir monopoliser le pouvoir au profit des Frères musulmans et de laisser le pays s’enfoncer dans la crise économique. Le chef de l’État a de son côté renouvelé, dans un entretien publié samedi par le journal gouvernemental Akhbar el-Youm, son appel à un dialogue avec l’opposition, tout en laissant entendre qu’il n’avait pas l’intention de partir en dehors du cadre institutionnel et électoral, qui prévoit la prochaine présidentielle pour 2016. « Si les Égyptiens choisissent quelqu’un d’autre que moi à la prochaine élection, je lui remettrai le pouvoir conformément à la Constitution et à la loi », a-t-il affirmé. « Je le ferai dans un esprit de bonne volonté (...) conformément à la démocratie et à mon rejet de tout monopole du pouvoir », a ajouté M. Morsi. En prévision de ces rassemblements, le ministre de la Défense a averti hier que l’armée interviendrait si des heurts éclataient dans le pays à l’occasion des rassemblements prévus fin juin.
Enfin, un homme a été tué par balles lors d’affrontements entre partisans et adversaires du président Morsi dans la nuit de samedi à dimanche dans le nord du Caire, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité. Un autre homme, partisan lui aussi des islamistes et également touché par un tir lors de heurts il y a quelques jours dans le sud de la capitale, a succombé hier à ses blessures.
(Sources : agences)


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