Le « King » a été désigné meilleur joueur (MVP) de la finale hier à l’issue du septième et dernier match, où il a marqué 37 points et pris 12 rebonds.
Il a également enregistré un triple double (au moins dix unités dans trois catégories statistiques) lors de deux rencontres pour finir avec 25,3 points, 10,9 rebonds, 7 passes décisives et 2,3 interceptions de moyenne en finale.
Des chiffres pas très éloignés de ses stats en saison régulière (26,8 points, 8 rebonds et 7,3 passes), à l’exception notable de son taux de réussite aux tirs, en forte baisse (44,7 %, contre 56,5 %).
« Avoir été capable de répondre à l’attente de mes coéquipiers dans le moment le plus important (le match 7) sur la plus grande des scènes (la finale NBA), rien ne me satisfait plus au monde », a expliqué James, 28 ans.
« Je suis venu à Miami pour gagner des titres, ça fait deux en trois ans pour l’instant, la vision que j’ai eue en décidant de venir ici a pris corps », s’est félicité le n° 6 de Miami, dont la décision d’« apporter son talent à South Beach » avait fait polémique en 2010, plus sur la forme que sur le fond.
Il faut remonter à Jerry West en 1969 pour retrouver « scoreur » plus prolifique dans un match 7 en finale (42 points pour les Lakers contre Boston).
Et à Michael Jordan en 1992 pour trouver trace d’un joueur capable d’amasser MVP de la saison, MVP de la finale et titre NBA une deuxième année consécutive.
Hier, les Spurs lui ont barré la route de la raquette pour le forcer à shooter. Le plan n’a pas marché : James a shooté (12 sur 13), sans hésitation, à trois points (5 sur 10) ou à mi-distance, et les Spurs ont plié.
« L’un des plus grands »
« C’est toute la masse de boulot à l’entraînement et à l’intersaison qui a payé », raconte celui qui, pour son entraîneur, a une « éthique de travail unique ». « C’est rare pour quelqu’un aussi talentueux que lui d’avoir une aussi grande capacité de travail », observe Erik Spoelstra.
« Il faut espérer que les gens vont le laisser tranquille un peu plus souvent maintenant qu’il a deux titres, souligne Shane Battier, l’autre héros du septième match. LeBron ne mérite pas le traitement qu’il reçoit parfois. »
Mais parce qu’il a été surnommé « L’Élu » avant ses 18 ans, parce que son palmarès n’a longtemps pas été à la hauteur de sa réputation, parce qu’il a mal présenté son départ de Cleveland en 2010, parce que son « Big Three » est d’abord passé pour un modèle d’arrogance, James ne fera jamais l’unanimité.
S’il s’est épanoui ces deux dernières saisons, c’est qu’il a cessé d’essayer de répondre à toutes les critiques, sur et en dehors du terrain.
« Je suis béni, explique James. Je ne sais même pas comment je suis arrivé là. Statistiquement, je n’étais jamais censé être en NBA, vu d’où je viens (il est issu d’une famille monoparentale des quartiers pauvres d’Akron, Ohio). Au vestiaire, chaque fois que je vois mon nom sur un maillot NBA, je suis impressionné. Aucune critique ne m’empêchera d’aimer ce sport et de jouer à haut niveau. »
Avec désormais deux bagues aux doigts et bientôt une troisième puisqu’il va se marier en septembre avec Savannah, James est devenu un modèle de sérénité.
« Je vais continuer de travailler pour être si ce n’est pas le plus grand, alors l’un des plus grands joueurs de basket », dit James, qui n’aimerait rien autant que de fonder une dynastie avec Miami, comme Jordan avec Chicago.

