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Moyen Orient et Monde - Contestation

Un million de Brésiliens s’apprêtent à manifester

La baisse du prix des transports ne calme pas la fronde.
La fronde ne fléchit pas au Brésil où un million de personnes ont promis hier sur les réseaux sociaux de manifester dans 80 villes, malgré la victoire du mouvement sur le tarif des transports. Après 10 jours de manifestations massives, les protestataires ont remporté une victoire importante mercredi : les deux plus grandes villes du pays, São Paulo et Rio de Janeiro, sont revenues sur leur décision d’augmenter le prix du bus et du métro, à l’origine de la fronde. D’autres grandes villes comme Recife les avaient précédées, cédant à la revendication initiale du plus important mouvement de contestation sociale en 21 ans qui secoue le géant d’Amérique latine.
Mais rien ne semble laisser présager un essoufflement rapide de ce mouvement diffus, sans étiquette politique ou syndicale, ni leaders clairement identifiés. Il cristallise désormais toutes les frustrations de la population de ce pays émergent de 194 millions d’habitants : services publics de base précaires comme la santé et l’éducation, corruption de la classe politique, sommes colossales – 11 milliards d’euros – investies pour l’organisation du Mondial 2014 de football. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester continuent de se multiplier. « L’augmentation (des transports) a été supprimée, mais qui dit que nous allons nous arrêter ? » écrivait une internaute. « Nous voulons beaucoup plus que 20 centimes (montant de la réduction du prix du ticket d’autobus) », proclame le mot d’ordre de la manifestation à Rio sur Facebook. Eduardo Paes (le maire de la ville) a dit que « la baisse serait financée sur les deniers de la santé et l’éducation. Nous voulons quelle soit payée avec les bénéfices des entrepreneurs ».
Rien qu’à Rio de Janeiro, un million de personnes ont été invitées sur Facebook à manifester et 250 000 ont confirmé leur participation, même si elles seront probablement moins nombreuses. A São Paulo, 300 000 ont confirmé leur présence, sur deux millions d’invités sur Facebook. Dans la capitale Brasilia, dix fois plus petite que la mégapole de São Paulo, 50 000 personnes ont promis de défiler avec le mot d’ordre : « Brésil, réveille-toi ! »
Les commerçants des centres-villes se préparent au pire. Certains fermeront plus tôt que d’habitude, d’autres ont protégé leurs devantures avec des planches en bois, redoutant que les manifestations, dans l’ensemble pacifiques, ne dégénèrent à nouveau en violences et pillages du fait de la présence d’éléments radicaux. À Rio et Salvador de Bahia, les manifestations coïncideront avec des matches de football de la Coupe des confédérations, respectivement Espagne-Tahiti à 16h00 heure locale (19h00 GMT) et Nigeria-Uruguay à 19h00 (22h00 GMT). Le commandement de la police militaire à Rio a ordonné à ses hommes de permettre le passage de la manifestation et de ne réprimer qu’en cas d’actes de vandalisme.
La grande nouveauté, hier, est que certains syndicats, partis politiques et organisations de la société civile ont affiché leur intention de participer aux cortèges sous leurs banderoles. Les Paysans sans terre (MST), l’Union nationale des étudiants (UNE), la Centrale unique des travailleurs (CUT), le Parti des travailleurs (PT gauche, au pouvoir) et le Parti communiste du Brésil (PCdoB) entre autres veulent se joindre aux manifestants qui rejettent depuis le début de leur mouvement toute étiquette ou banderole. « La répercussion de cette intervention sera connue aujourd’hui sur l’avenue Paulista à São Paulo quand les militants organisés marcheront au côté de la masse apolitique dirigée par le mouvement Passe livre (Ticket gratuit) », a affirmé l’analyste politique Ilmar Franco du quotidien O Globo. « La démocratisation du Brésil a permis à ces personnes de s’organiser selon leurs convictions, mais il y a toujours une position politique derrière », estime Amanda Souza, 27 ans, étudiante en droit, qui défilera avec les mouvements organisés. Elle revendique le droit de manifester avec des drapeaux car ils représentent des « organisations et des forces politiques qui historiquement se sont toujours battus pour les conquêtes des droits des travailleurs ».
Certains observateurs comparent le mouvement aux récentes manifestations en Turquie ou même aux révoltes du printemps arabe.

(Source : AFP)
La fronde ne fléchit pas au Brésil où un million de personnes ont promis hier sur les réseaux sociaux de manifester dans 80 villes, malgré la victoire du mouvement sur le tarif des transports. Après 10 jours de manifestations massives, les protestataires ont remporté une victoire importante mercredi : les deux plus grandes villes du pays, São Paulo et Rio de Janeiro, sont revenues sur leur décision d’augmenter le prix du bus et du métro, à l’origine de la fronde. D’autres grandes villes comme Recife les avaient précédées, cédant à la revendication initiale du plus important mouvement de contestation sociale en 21 ans qui secoue le géant d’Amérique latine.Mais rien ne semble laisser présager un essoufflement rapide de ce mouvement diffus, sans étiquette politique ou syndicale, ni leaders clairement...
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