Recevant une délégation de l’ordre des journalistes présidée par Élias Aoun, Mohammad el-Hout s’est lancé dans une conversation à bâtons rompus, faisant à la fois état d’entraves et d’éléments positifs. Il a commencé par évoquer le centre de formation que la compagnie est en train de construire et qui est censé former les pilotes, les hôtesses, les stewards et les fonctionnaires, non seulement de la MEA mais d’autres compagnies, dans une volonté de redonner au Liban son rôle régional sur le plan de l’aviation civile. D’ailleurs, le nouveau bâtiment, qui est édifié sur un terrain appartenant à la compagnie, comporte un centre de conférences en vue d’organiser des congrès internationaux.
La MEA a donc de grands projets, mais le seul problème est la situation sécuritaire du pays. À ce sujet, Mohammad el-Hout révèle qu’à un moment donné, les pertes de la compagnie s’étaient élevées à 700 millions de dollars, mais jusqu’en 2009, la compagnie avait réussi à combler ces pertes et à enregistrer des bénéfices, grâce à un plan de restructuration qu’il avait lui-même établi et qui avait obtenu l’aval de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et l’appui du gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé. Mohammad el- Hout a affirmé, toujours à ce sujet, qu’il a toujours adopté une position neutre sur le plan politique, car cette compagnie est à l’image du Liban, elle regroupe toutes les parties libanaises. Il tient donc à conserver les meilleures relations avec toutes les parties, pour que la compagnie puisse survivre et prospérer, et éviter toute intervention dans son fonctionnement.
Le PDG de la MEA a précisé que le travail de la compagnie a été influencé par les développements dans le pays et au cours des trois dernières années, les gains ont été réduits de moitié. Ils s’étaient élevés à 115 millions de dollars en 2009 pour tomber à 58 millions de dollars en 2012. Au sujet des réservations de la saison estivale, Mohammad el-Hout a affirmé qu’il y a une baisse de 40 % des réservations des hommes d’affaires du Golfe. Mais en contrepartie, il y a une augmentation des voyageurs syriens vers la Turquie, l’Égypte et la Jordanie. Toutefois, cette augmentation reste en dessous des chiffres habituels.
El-Hout a rappelé que la MEA est l’une des compagnies qui continuent à survoler l’espace aérien syrien. Cette décision a été prise en accord avec le président de la République, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement, dont le ministre des Transports. Elle a été aussi prise après la consultation du département des évaluations des dangers et les compagnies d’assurances ont décidé de ne pas augmenter les tarifs pour le survol de la Syrie. L’évaluation des risques par les compagnies d’assurances a été la même que celle des autorités sécuritaires.
Au sujet de l’ouverture de nouvelles lignes vers les lieux de l’émigration libanaise, Mohammad el-Hout a précisé que les émigrés libanais ne sont pas abandonnés. Ils ont de nombreuses possibilités, mais pour la MEA, il s’agit d’être compétitive et que les nouvelles lignes soient rentables. « Si l’État estime que nous devons être présents, nous le ferons, a déclaré el-Hout, mais il doit compenser nos pertes si nous en avons. » En tout cas, là où la MEA peut être utile, elle n’hésite pas. Elle a donc ouvert de nouvelles lignes vers Erbil, Bagdad, Najaf et à la fin de l’été, une nouvelle ligne vers Bassora sera ouverte. Selon el-Hout, le touriste irakien est important, surtout en l’absence de celui du Golfe. De même, la MEA va ouvrir une ligne vers Erevan, surtout après la faillite de la compagnie nationale arménienne. La communauté arménienne a en effet besoin de se rendre à Erevan. « C’est donc, pour la MEA, une décision nationale », a déclaré le PDG.
Concernant l’ouverture de nouvelles lignes avec l’Afrique, el-Hout a précisé que la MEA a envoyé des lettres au ministère des AE réclamant la modification des accords de transport des réfugiés avec certains pays d’Afrique pour pouvoir ouvrir de nouvelles lignes, en utilisant des avions plus petits, mais rien n’a été fait, exception faite du Soudan, grâce d’ailleurs aux efforts du directeur général du département des émigrés Haytham Jomaa. Il est donc sérieusement question d’ouvrir une nouvelle ligne avec Khartoum. « Nous avons envoyé plus de vingt lettres en ce sens, concernant une vingtaine de pays, depuis notamment la tragédie de Cotonou, mais nous n’avons pas reçu de réponses. Chacun doit donc assumer ses responsabilités », a déclaré Mohammad el- Hout.
En réponse à une question, le PDG de la MEA a révélé que cette année, la compagnie planifie au jour le jour, ayant revu à la baisse ses ambitions et ses projets et se contentant d’essayer de ne pas enregistrer de pertes. Il a d’ailleurs précisé que la MEA a 1 900 employés, mais avec les sociétés affiliées, le nombre des employés s’élève à 4 500.
Mohammad el-Hout a reconnu que le chiffre des pertes de valises est en train de s’élever et qu’il dépasse les moyennes habituelles. Il faut donc prendre les mesures qui s’imposent pour mettre un terme à ce phénomène. Le PDG de la MEA a rejeté l’idée selon laquelle les tarifs de la compagnie sont élevés. Il a précisé que ces prix ont baissé de 25 % depuis 2008, malgré l’augmentation des prix du fuel, des taxes d’aéroport et des salaires, et en définitive, les usagers choisissent cette compagnie en raison des services qu’elle leur offre.


je ne suis pas sûr...Hout,c'est baleine ou cachalot?L'origine de ce nom de famille m'a toujours interrogé....une baleine volante....mdr! pourquoi pas?
21 h 49, le 19 juin 2013