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Liban - Éclairage

Entre Rabieh et la banlieue sud...


Dans la bataille contre la loi sur la prorogation du mandat du Parlement, le général Michel Aoun se retrouve pratiquement tout seul, en tout cas lâché par ses alliés du 8 Mars. Dans les milieux du CPL, on ne se fait d’ailleurs aucune illusion sur l’issue de cette bataille, sachant que la grande majorité de la classe politique est favorable à cette prorogation, pour des raisons différentes et parfois contradictoires. Ces mêmes milieux relèvent le fait que l’un des plus grands défenseurs de la prorogation est Walid Joumblatt, ce qui pourrait bien signifier que les États-Unis, qui semblent pousser vers la tenue des élections, seraient en fait en faveur de la prorogation. En même temps, à la question de savoir pourquoi, dans ce cas, le courant du Futur, accusé par le 8 Mars d’être pro-américain, serait en faveur du rejet de la loi par le Conseil constitutionnel, les milieux du CPL répondent qu’en fait, ce que veulent le courant du Futur et le 14 Mars, en général, c’est la tenue des élections dans quatre, cinq ou six mois, le temps de pouvoir s’organiser. Car pendant toute la période précédente, ce camp était convaincu que les élections n’auraient pas lieu à la date prévue, tout en réclamant le contraire. Par conséquent, ni ses machines électorales ni son électorat n’étaient prêts et il fallait juste un peu de temps pour lui permettre de se mobiliser. Mais justement, si le recours en invalidation de la loi sur la prorogation était accepté par le Conseil constitutionnel, le ministre de l’Intérieur pourrait bien décider d’organiser les élections dans quatre, cinq ou six mois, ce qui tournerait à l’avantage du 14 Mars. Les milieux aounistes répondent à cet argument en affirmant que dans toutes ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’avec la formation de la commission de supervision des élections et avec le déblocage des fonds décidé par le dernier Conseil des ministres, un délai de trois à quatre semaines était suffisant pour organiser les élections. Reste l’argument de la multiplication des incidents sécuritaires : comment dans une situation aussi précaire organiser des élections et lancer des campagnes électorales sans craindre de provoquer un embrasement ? Les milieux aounistes ne sont pas convaincus de cet argument, assurant que dans certaines régions, il est possible d’organiser des élections en différé, mais dans la plus grande partie des régions libanaises, il est possible de les tenir sans craindre des incidents. Pour ces milieux, il ne s’agit pas d’un entêtement de la part du général Aoun, mais d’une question de principe, surtout face au fait que toutes les institutions étatiques sont en train d’être discréditées l’une après l’autre. Il faut donc stopper au plus vite ce processus, destructeur pour l’État. Quant au fait de se retrouver seul dans son camp à défendre cette idée, cela ne dérange pas le général Aoun, selon ces milieux, tant il est habitué à se battre, même seul, pour ses convictions. Il avait été ainsi le premier à réclamer le retrait des forces syriennes du Liban, alors que nul ne croyait un tel retrait possible au Liban. En 2006, il avait été aussi le premier à parler d’une victoire du Hezbollah, alors que le monde entier pensait que cette formation allait vers une cuisante défaite. En 2007, il avait été le premier aussi à pousser l’armée à envahir le camp de Nahr el-Bared sans attendre des instructions et bien plus récemment, au sujet de la Syrie, il avait prédit en avril 2011 que le régime d’Assad ne tomberait pas. À chaque fois, ses positions suscitaient une grande controverse et à chaque fois, les développements lui ont donné raison et ont montré qu’il voyait juste. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, avant même son retour d’exil le 7 mai 2005, toutes les composantes politiques s’étaient liguées contre lui et s’étaient précipitées pour conclure le fameux accord quadripartite qui avait permis la victoire du 14 Mars aux élections. Aujourd’hui, c’est une sorte d’accord quadripartite en faveur de la prorogation qui a été conclu, mais cela ne pousse pas le général Aoun à changer d’avis. En dépit du « lâchage » de ses alliés, il reste convaincu d’être dans le vrai chemin et que les Libanais sont en train de laisser passer une chance de consolider leurs institutions étatiques. Au sujet de la position des alliés, les milieux aounistes ne cachent pas une certaine déception, tout en s’empressant d’affirmer que l’alliance stratégique avec le Hezbollah reste en vigueur et rien ne peut la défaire. D’ailleurs, au cours de la semaine précédente, le général Aoun a, dans trois déclarations au moins, justifié la participation des combattants du Hezbollah à la guerre en Syrie, précisant que cette participation a écarté la menace de l’extension des combats en Syrie vers le Liban, d’autant que de nombreux Libanais, dont des chrétiens et des chiites, habitent la région de Qousseir et étaient menacés par les forces de l’opposition, alors que l’État libanais n’avait pris aucune mesure efficace pour fermer les frontières. Les milieux du CPL évoquent d’ailleurs à cet égard la visite d’une délégation de la localité de Rablé (un village chrétien dans la région de Qousseir menacé par les rebelles) à Rabieh pour demander de l’aide. Le général Aoun estime donc que la participation du Hezbollah aux combats en Syrie est de nature à protéger le Liban et ce n’est certes pas lui qui poignardera un allié dans le dos. Mais sur les questions internes, il y a une divergence réelle au sujet du dossier des élections. Il y en a certes eu d’autres auparavant au sujet de l’exercice du pouvoir au sein du gouvernement Mikati, mais cette fois, la différence dans l’approche est encore plus profonde. Elle n’est pas de nature à provoquer une rupture, puisque le général Michel Aoun le déclare lui-
même : « L’alliance entre le CPL et le Hezbollah, conclue par le biais du document d’entente de février 2006, assure un filet de sécurité et de stabilité au Liban, et la remettre en cause n’est pas envisageable », mais quelque part, la relation a été ébranlée. Elle survivra à cette secousse, mais il est désormais clair qu’entre les deux partenaires, l’un est purement libanais, sans la moindre connexion étrangère, alors que l’autre tout en étant libanais a des priorités qui parfois dépassent les frontières.
Dans la bataille contre la loi sur la prorogation du mandat du Parlement, le général Michel Aoun se retrouve pratiquement tout seul, en tout cas lâché par ses alliés du 8 Mars. Dans les milieux du CPL, on ne se fait d’ailleurs aucune illusion sur l’issue de cette bataille, sachant que la grande majorité de la classe politique est favorable à cette prorogation, pour des raisons différentes et parfois contradictoires. Ces mêmes milieux relèvent le fait que l’un des plus grands défenseurs de la prorogation est Walid Joumblatt, ce qui pourrait bien signifier que les États-Unis, qui semblent pousser vers la tenue des élections, seraient en fait en faveur de la prorogation. En même temps, à la question de savoir pourquoi, dans ce cas, le courant du Futur, accusé par le 8 Mars d’être pro-américain, serait en faveur du...
commentaires (14)

OU... LORSQU'ON N'A PLUS BESOIN DE PARAVENT !

SAKR LOUBNAN

12 h 08, le 19 juin 2013

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Commentaires (14)

  • OU... LORSQU'ON N'A PLUS BESOIN DE PARAVENT !

    SAKR LOUBNAN

    12 h 08, le 19 juin 2013

  • .....mais il est désormais clair qu’entre les deux partenaires, l’un est purement libanais, sans la moindre connexion étrangère, alors que l’autre tout en étant libanais a des priorités qui parfois dépassent les frontières.... Ce que l'auteur n'a pas écrit mais nous comprenons: C'est comme dans un couple: L'un est profondémment fidèle...Alors que l'autre ne fait que lorgner à l'extérieur et cherche d'autres conjoints "aussi"... Bref pour résumer: Celui qui est fidèle s'est fait super bien cocufié quoi !!! Et certains appellent ceci " courage"? "indépendance"?? Hahaha... Puisque le gendre lui même a parlé de "poignard dans le dos"..Chose que les 14 mars n'ont jamais dit et jamais pensé..Du moins en public... Preuve en est que l'affaire est grave..Mais ils l'ont cherché...Lorsqu'on se met en ménage avec un partenaire qui a déjà une famille existante à l'étranger..Normal de se faire marginaliser... Le hezbollah a déjà sa propre famille et maison: En iran et en Syrie..Le Aoun?? Il représente une quantité négligeable pour le hezbollah, juste un paravent pour une période donnée..Aoun disait sur les sunnites ce que le hezb ne voulait pas dire..Maintenant, le hezbollah est en guerre ouverte contre les sunnites...Il n'a plus besoin de Aoun comme porte parole... Comment dit on déjà? Ah oui.. Aoun représente des "dommages collatéraux" :)

    jean-Pierre EL KHOURY

    15 h 40, le 18 juin 2013

  • Mais quel grand homme ce Monsieur Aoun, il est déjà rentré dans la grande histoire, et il ne fait que s 'agrandir tous les jours...bientôt il va devenir un mythe vivant...le héros des temps moderne...le Gandhi, l Alexandre, le Jules César, le George Washington, le CDG, du Liban du moyen orient et de l univers.... Bon ça suffit quoi.... il faut raisonner un peu quand même, s'il n' y avait pas tout ce troupeau de passionnés autour, ce Monsieur serait à la retraite tranquille ..comme une grenouille faisant des bulles dans l'eau...qui à force de voir des bœufs autour a fini par avoir envie de.....

    CBG

    15 h 21, le 18 juin 2013

  • LA CONCLUSION AURAIT ÉTÉ VRAIE, JUSQU'À UN CERTAIN POINT, SI LE SUIVISME GÉNÉRALOCAPORALISTIQUE AURAIT ÉTÉ UNIQUEMENT INTERNE... ET SI LA MANNE DIVINE NE TOMBAIT PAS DES CIEUX AVOISINANTS !

    SAKR LOUBNAN

    13 h 37, le 18 juin 2013

  • J'ai comme l'impression que le petit suiviste (qui est de plus en plus petit et de moins en moins suiviste) a fait un peu de shopping et s'est acheté de nouvelles vestes... Remarquez, avec les millions qu'il aurait détournés en 1990 (tiens, on n'en parle plus ?), il a de quoi se payer toutes les vestes réversibles de la planète bien que celle qui lui va le mieux soit celle du pantin tiré à quatre ficelles.

    Robert Malek

    13 h 28, le 18 juin 2013

  • Un phare Aoun ce général, il prouve sa liberté de penser là où les obtus le disaient otage du hezb, les exemples ne manquent pas pour prouver sa nature de résistant à l'imbécilité du suivisme qui s'est vu chez son concurrent qui a poignardé le projet Ferzli sur ordre des bensaouds/yanky sionisés, je suis content de savoir que cette fois ci l'article de Scarlett puisse plaire par sa conclusion, mais il faudra le relire au 2nd degré, dans le sens où au Liban la guerre que se font les acteurs politiques et une guerre de projet et non de religion, bien dit Scarlett, chacun fourbi ses armes et les adapte au terrain sur lequel il se bat. Juste une info qui vaut son pesant d'or, pourquoi les "opposants" syriens demandent ils au député Okab Sakr, chiite de confession et collaborateur du projet 14 mars, de disparaitre de leur radar stratégique? Ne me dites pas que ça n'a rien à voir avec le sujet, il était l'exemple du chiite anti hezb résistant et pourtant malgré tous les services qu'il a rendu aux mercenaires il devient indésirable, serait il senti comme une 5eme colonne ? Vous Seule, pouvez dénouer ce noeud.

    Jaber Kamel

    12 h 35, le 18 juin 2013

  • ben oui...mais çà, il le savait depuis longtemps, non? Toutefois, bravo pour la conclusion...non, que çà change grand chose, mais bon, c'est bien de le dire, sans fard.

    GEDEON Christian

    11 h 48, le 18 juin 2013

  • Suite: 4- En 2007 il y avait des lignes rouges avaient été mises par son allié et le Général avait gardé le silence longtemps avant de se prononcer. 5- Quand a Bachar il est déjà fini puisque sans l'Iran, la Russie et le Hezbollah il perdait sur toute la ligne. Maintenant il se maintient avant le coup de grâce. Nul dictateur ne résiste a la volonté de son peuple. 6- Lors des élections de 2005, il est a présent connu de tous que le Général avait monte son coup avec les Syriens et le Hezbollah avant même de retourner. Nous comprenons alors le retournement des autres membres du 14 Mars contre lui. 7- Quand a trahir ses alliances, la plus grande fut celle d'avoir détruit la résistance Libanaise, la vraie elle, pour nous conduire a Taef, nous soumettre au régime Syrien et par la suite nous mettre sous le joug Iranien.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 13, le 18 juin 2013

  • Des louanges a une personne qui n'a fait que du mal a son Pays en relatant des faits quine sont pas tel quels et c'est triste. 1- Le 14 Mars est celui qui veut des élections sachant qu'il les gagnera quoi qu'il en soit, et seulement sous la menace a choisi d'accepter de proroger le mandat du parlement. Ils sont dans l'erreur et aurais du pousser pour les élections. 2- Concernant la possibilité de l'embrasement du pays, d'accord ou pas le Général n'est pas celui qui sait ce que le Hezbollah mijote et ce sont eux justement qui provoquent et augmentent la tension dans le but de frapper l’état et ses institutions. 3- En 2006 nous avons subit une cuisante défaite qui a coûté au Liban plus de 2000 morts, plus de 10 miiliards de pertes et nous avons aujourd'hui 15.000 hommes de l'ONU qui ne permettent pas au Hezbollah de tirer une seule cartouche contre son ennemi alors que se dernier continue a faire ce q'il veut.Il faut arrêter de fabuler.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 04, le 18 juin 2013

  • Aura-t-il fallu l'engagement du Hezb en Syrie pour ouvrir les yeux du Général sur la vulnérabilité de son alliance avec ce parti?Comment assoir une alliance entre un parti strictement libanais et un parti dont l'essence et les objectifs même sont exclusivement étrangers ? N'était-ce pas une erreur stratégique grave et un traquenard à effet retard que les chrétiens paieront peut-être de leur survie politique nationale...!

    Salim Dahdah

    08 h 54, le 18 juin 2013

  • Carrément "encartée", l'amie !

    Antoine-Serge Karamaoun

    08 h 48, le 18 juin 2013

  • Il n'y a vraiment plus que Scarlett pour chercher encore à analyser ce que pense Michel Aoun. La pensée de Aoun consiste principalement à panser les dégâts catastrophiques occasionnés par son copain Nasrallah. C'est une pensée dhimmisée au stade inférieur du système de pensée de Monsieur Wilayet El Fakih. Nasrallah ne pense pas. Il hurle les directives de Khamenei en croyant ainsi en masquer la folie. Il menace et passe à l'action par des coups sanglants de peur que l'on ait le temps ou l'envie de penser à ce nouveau système de pensée ayatollahisé . En fait chacun a son Dhimmi. Aoun est celui de Nasrallah et Nasrallah est celui du Wilayet El Fakih. Et pendant ce temps là, certains de ceux normalement chargés de nous protéger constitutionnellement, s'en frottent la panse.

    Saleh Issal

    06 h 19, le 18 juin 2013

  • Excellente conclusion de cet article : "Il est désormais clair qu'entre les deux partenaires (CPL - Hezbollah), l'un (CPL) est purement libanais, sans la moindre connexion étrangère, alors que l'autre (Hezbollah) a des priorités qui parfois (c'est à dire toujours) dépassent les frontières". Autrement dit, et comme les millions de Libanais le savent, pour le Hezbollah l'intérêt et la volonté de l'Iran viennent en premier lieu, par-dessus tout et tous, et ceux du Liban n'ont absolument aucune importance. Malgré cela, "l'alliance entre le CPL et le Hezbollah" continue". Quelle alliance extraordinaire !!!

    Halim Abou Chacra

    05 h 49, le 18 juin 2013

  • LE GÉNÉRALISSIME... L'ORACLE DE DELPHES !

    SAKR LOUBNAN

    04 h 59, le 18 juin 2013

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