Le leader nord-coréen Kim Jong-un, lors d’une visite au site révolutionnaire de Yuphyong. KCNA/Reuters
Cette offre intervient après des mois de fortes tensions dans la région, suscitées par un troisième essai nucléaire de Pyongyang en février. Les invectives se font plus rares depuis quelques semaines, mais une rencontre entre de hauts responsables du Nord et du Sud, prévue mercredi dernier, a été annulée à la dernière minute, pour une simple question de protocole. Le Nord est désireux d’avoir « des discussions sérieuses sur une grande série de sujets, y compris l’objectif des États-Unis de parvenir à un monde libéré de son arsenal nucléaire », indique la Commission de la défense, pressant Washington de fixer l’heure et le lieu des entretiens. Mais « notre statut de puissance nucléaire sera conservé jusqu’à ce que les menaces nucléaires venant de l’extérieur auront totalement cessé », prévient-elle, enjoignant à Washington à abandonner les sanctions contre le Nord. « Tous les développements futurs dépendent entièrement d’une décision responsable de la part des États-Unis. »
Washington a rappelé que les pourparlers avec Pyongyang devaient être « véritables ». « Nous jugerons sur les actions pas sur les déclarations sympathiques » de Pyongyang, a indiqué sur CBS le secrétaire général de la Maison-Blanche Denis McDonough. Tout pourparler « doit être basé sur le fait qu’ils remplissent leurs obligations sur la prolifération, les armes nucléaires, le trafic et autres », a-t-il ajouté. « En résumé, ils ne vont pas pouvoir, juste par des paroles, faire lever des sanctions soutenues par la Russie et, très important, par la Chine », a encore dit le responsable américain.
Washington avait signalé vendredi avoir relevé la barre pour une reprise des pourparlers en raison des tensions récentes et demandé à nouveau à Pyongyang des « actions concrètes ». « Si les États-Unis veulent véritablement apaiser les tensions sur la péninsule coréenne et assurer la paix et la sécurité sur le continent américain et dans la région, ils ne devraient pas relever les conditions pour le dialogue et les contacts », a répliqué Pyongyang.
Les analystes jugent toutefois peu probable que Washington accepte l’offre de Pyongyang, si ce dernier ne prend pas d’action concrète en vue d’une dénucléarisation, condition sine qua non posée par les États-Unis pour entamer un dialogue avec le Nord. « Les États-Unis ont répété à plusieurs reprises qu’ils n’étaient pas intéressés juste par un simple dialogue », souligne ainsi Yang Moo-jin, professeur à l’Université des Études nord-coréennes à Séoul. « Je ne pense donc pas que Washington répondra à cette offre, surtout si elle n’a pas été précédée par des négociations en coulisses » entre les deux parties.
Le président chinois Xi Jinping, dont le pays est le seul allié de poids de la Corée du Nord, estime, comme son homologue américain Barack Obama, que Pyongyang doit entamer une dénucléarisation, avait rapporté le conseiller de Sécurité nationale du président américain, Tom Donilon, à l’issue d’une rencontre entre les deux dirigeants il y a une semaine en Californie. « Le Nord est mis sous pression pour émettre quelques signes de réconciliation afin d’éviter d’être encore plus isolé dans cette dynamique, notamment par la Chine », estime de son côté Kim Yong-hyun, expert à l’université Dongguk à Séoul.
Le président chinois recevra jeudi à Pékin la présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye. La veille, les envoyés spéciaux américain, sud-coréen et japonais, sur le nucléaire, devaient se réunir à Washington pour discuter des pourparlers à six (les deux Corées, Japon, États-Unis, Chine et Russie) qui visent à dissuader Pyongyang de poursuivre son programme nucléaire. Ces discussions sont toujours au point mort.
(Source : AFP)


C'est tout le temps le cas quand on est en Bas ! On tend de tendre vers le Haut.... !
11 h 08, le 17 juin 2013