Le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani s’adressant à des partisans à Erbil, hier. Safin Hamed/AFP
Dix ans après l’intervention militaire conduite par les Américains pour chasser Saddam Hussein, les accords politiques de partage du pouvoir entre les communautés chiite, sunnite et kurde ont du mal à s’imposer dans les faits et une récente flambée de violence fait craindre un retour à une situation de quasi-guerre civile entre sunnites, minoritaires, et chiites, majoritaires. Dans le nord du pays, le Kurdistan a en partie réussi à se préserver et jouit d’une prospérité économique inconnue jusqu’ici. La région, avec ses plus de quatre millions et demi d’habitants, s’est pratiquement émancipée au point de vue énergétique et diplomatique, ce qui a exaspéré le gouvernement de Bagdad, à tel point que les deux camps ont envoyé cet hiver des renforts à leur frontière, dans un climat de vives tensions.
Même si un compromis est trouvé avec Bagdad, la création d’un État kurde indépendant reste le grand objectif de Massoud Barzani, qui a mené pendant des années la guérilla contre les forces de Saddam Hussein. Les Kurdes, qu’on trouve en Iran, en Syrie, en Turquie et en Irak, sont plus de 25 millions. « C’est le but de tous les Kurdes d’avoir un jour un État, et c’est légitime. Je pense que ce sera en définitive la solution », a souligné Barzani. Pour réaliser leurs ambitions, les Kurdes irakiens ont l’arme du pétrole. Ces dernières années, ils ont signé des contrats avec Exxon Mobil, Total et Chevron, provoquant la colère du gouvernement de Bagdad qui s’estime floué. Si elle a suscité les protestations de Bagdad, l’arrivée dans la région de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont quitté la Turquie après un accord avec le gouvernement d’Ankara, n’inquiète pas Massoud Barzani. « Quand le problème sera réglé, ils retourneront chez eux », dit-il, confiant.
(Source : Reuters)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine