Il a insisté en outre sur les efforts qu’il effectue actuellement pour « définir le cadre de cette rencontre de dialogue, ainsi que tous les éléments susceptibles de faire l’objet d’éventuels compromis de la part des différentes parties ». Parmi ces éléments, les armes du Hezbollah et son implication dans les combats en Syrie, comme l’a confirmé le Premier ministre sortant en réponse à une question. Il a prévu également « des concertations avec chaque camp seul, afin d’optimiser les chances d’aboutir à des résultats concrets susceptibles de protéger et d’immuniser la patrie ».
« Entre l’attente passive du pire, d’une part, et l’initiative positive, d’autre part, nous choisissons l’initiative basée sur une volonté indéfectible », a-t-il déclaré, précisant que « si le jeu des nations est sans pitié, la mobilisation des acteurs locaux contre les constantes nationales aboutira certainement à un conflit destructeur ». Cette initiative « favorable au maintien de la communication » coïncide avec « la possibilité d’aboutir à un consensus sur le dossier électoral au Parlement », a-t-il précisé, revenant sur le contexte de l’élaboration du pacte national en 1943, « que nous avons besoin de raviver aujourd’hui plus que jamais ». « Lorsque le président de la République Béchara el-Khoury s’était réuni alors avec le Premier ministre Riad el-Solh, le premier avait dit “non à l’Occident” et le second “non à l’unité arabe”. Et c’est sur cela que se base mon initiative. »
Les éléments de solution
« Personne n’a le monopole du droit et de ce qui est juste, et personne n’a le droit de décider du sort des fils de cette nation, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent », a-t-il expliqué, rappelant la teneur de la politique de distanciation « que nous avions mise au point il y a deux ans. Nous avions mis en garde contre l’entrée du Liban au cœur du cyclone et la distanciation était alors la seule planche de secours susceptible d’effacer ce risque. Effectivement, cette politique a permis d’ancrer la stabilité dans le pays, indépendamment de toutes les campagnes menées contre nous de part et d’autre. Aujourd’hui toutefois, nous ressentons comme vous que cette stabilité est profondément ébranlée et que le danger est imminent, surtout dans nos régions frontalières, même s’il peut encore être contenu ».
« Le prélude à une éventuelle solution de la situation actuelle est d’abord de ne parier désormais sur aucune partie externe, puisque personne ne viendra se tenir à nos côtés tant que nous n’avons pas accompli notre devoir de préserver l’unité de notre pays (territoire, peuple et institutions). Ensuite, il est nécessaire de rétablir les ponts, de manière à ce que tous les groupes libanais s’engagent à la mise en œuvre de la politique de distanciation et accélèrent la formation d’un nouveau cabinet représentatif de toutes les composantes internes. » « L’heure est décisive », a-t-il déclaré, sans cacher sa crainte que « les divisions actuelles ne sapent l’unité nationale ».
« La responsabilité de protéger ce pays est notre responsabilité à tous, c’est pourquoi le louvoiement, l’attente et l’échec sont interdits », a-t-il encore poursuivi, insistant sur « le respect de l’autre et de ses appréhensions, qui est l’essence même du Liban ».
Il a estimé enfin, en réponse à une question, que la première initiative pour le dialogue qu’il avait prise était sa démission, « qui devat selon moi ouvrir une brèche dans l’impasse où l’on se trouvait. Malheureusement, cet effet positif n’a duré que dix jours, révélant que le problème n’était pas au niveau du gouvernement, mais ailleurs, discréditant ainsi toutes les critiques que nous avons essuyées deux ans durant ».
Abadi Notons par ailleurs que
M. Mikati a reçu hier l’ambassadeur d’Iran, Ghadanfar Rokn Abadi, qui lui a remis un message écrit du vice-président iranien Mohammad Rida Rahimi, à l’occasion de la fête de la Libération. « Nous nous sommes attardés sur les développements en Syrie, notamment la conférence internationale pour la Syrie prévue aujourd’hui (hier) à Téhéran avec la participation de plus de 40 pays et organisations internationales, dont l’ONU », a affirmé l’ambassadeur à l’issue de son entretien, rappelant les six points de l’initiative iranienne, qui vise notamment une solution politique en Syrie, et la non-ingérence dans ses affaires intérieures.


C'est Si Drolatique !
11 h 15, le 30 mai 2013