À l’origine, deux ministres devaient assister à cette première union. Hier matin, la ministre de la Famille Dominique Bertinotti a annoncé qu’elle ne s’y rendrait finalement pas. « La loi a longuement été discutée devant le Parlement, elle a été votée, le Conseil constitutionnel l’a validée. Maintenant elle s’applique et nous rentrons dans l’ordre de l’intime », s’est justifiée la ministre à la radio RTL, en demandant un « apaisement » après des mois de manifestations massives pour ou contre le « mariage pour tous », émaillées de violences.
Entre cinquante et cent policiers assureront la sécurité de ce premier mariage homosexuel en France, a annoncé hier Frédéric Loiseau, le directeur de cabinet du préfet. Relevant qu’il « n’y a eu aucune menace précise », M. Loiseau a rappelé la nécessité des mesures de sécurité au regard de « l’expression d’hostilité » qu’a fait naître l’adoption de cette loi.
La porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, qui avait annoncé officiellement dès septembre sa volonté d’assister au premier mariage gay, a fait savoir de son côté qu’elle s’y rendrait désormais à titre personnel. Elle ira « en dehors de ses fonctions officielles », « avec l’accord du Premier ministre » Jean-Marc Ayrault et « dans la discrétion », au mariage de ses « amis » Vincent Autin, 40 ans, et Bruno Boileau, 30 ans, ont indiqué ses services. C’est « un beau geste que de participer » à cette union, a jugé Jean-Marc Ayrault à propos de la présence de sa ministre.
Ce premier mariage d’un couple homosexuel laisse ainsi ouvertes les fractures qui se sont manifestées en France, avec un refus persistant des opposants de baisser les bras. « On ne lâchera rien, jamais, jamais, jamais », a lancé dimanche à l’issue d’une nouvelle manifestation de masse l’une des porte-parole du mouvement d’opposition, Ludovine de La Rochère, assurant que ce dernier est « installé durablement dans le paysage français ». Des manifestants ont encore perturbé lundi soir un déplacement du président François Hollande à Paris. Et en dépit de l’opinion de la grande majorité des Français (72 %) selon laquelle les manifestations n’ont plus lieu d’être, le mouvement d’opposition dont l’ampleur et la détermination ont surpris de nombreux observateurs n’est pas mort. Il révèle « dans la société française une menace de fragmentation, d’éclatement », a estimé le dirigeant centriste François Bayrou, président du Modem. « C’est un mouvement considérable », a-t-il ajouté, même s’il ne croit pas à une structuration du mouvement. Celui-ci manifeste cependant « l’émergence d’une nouvelle génération politique de droite », relève le politologue Jean-Yves Camus.
(Source : AFP)


Foncez, socialistes !
09 h 04, le 30 mai 2013