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Liban - Concours

Gladic réunit les jeunes avec les figures du dialogue islamo-chrétien

Gladic organisait samedi un concours national pour les jeunes du Liban, autour du thème « Figures du dialogue : bâtisseurs de ponts », à l’USJ.

Les organisateurs de l’événement ont promis d’en faire une rencontre annuelle, annonçant le thème « Figures du pacte national » pour 2014. Photo Michel Sayegh


Le « vivre ensemble » n’est pas à l’abri des tempêtes confessionnelles et des discordes communautaires au Liban. Le dialogue interreligieux, lui, croule sous trop de discours qui ne savent qu’attiser les tensions confessionnelles. Soucieux d’instaurer une culture de l’unité dans la diversité et de former la nouvelle génération au dialogue constructif, qui reste un devoir national, religieux et moral, le « Groupement libanais d’amitié et de dialogue islamo-chrétien » (Gladic) n’épargne pas ses efforts.
En avril 2012 déjà, les « figures du dialogue » étaient à l’honneur lors du colloque international organisé par la faculté des sciences religieuses à l’Université Saint-Joseph. Samedi dernier, c’était au tour de Gladic, fondé depuis bientôt un an, de mettre en avant le rôle de ces figures nationales auprès des jeunes, en organisant un concours national qui a regroupé, le temps d’une journée et dans une ambiance des plus conviviales, des délégations de collégiens venus de vingt collèges secondaires officiels et privés.
Au campus des sciences humaines de l’USJ, quelques centaines d’élèves du cycle secondaire, venus de tout le Liban, et accompagnés de leurs professeurs et directeurs, se sont succédé sur le podium de l’amphithéâtre Pierre Abou Khater pour présenter leurs travaux : une recherche approfondie autour de pionniers inconnus du dialogue, voire des artisans de paix au quotidien. Selon les règles du concours, toute délégation devait exposer en quelques minutes un bref résumé de la recherche accomplie, autour de deux figures du dialogue. Un texte bien documenté sur chacune des personnalités était aussi requis. Ainsi, pendant plus de quatre heures, les participants ont exposé les manières dont ont contribué au dialogue de nombreuses figures telles que Saoud Maoula, Théodore Khoury, Feyrouz, Mohammad Sammak, Hicham Nachabé, Abbas Halabi, Toufic Hindi, Moussa el-Sadr, Khodr Helwé, Sami Abilmona, Salam el-Rassi, Georges Khodr, ou encore des institutions comme Caritas. De nombreuses personnalités à l’honneur étaient présentes.

Le dialogue au quotidien
À l’issue des présentations, des membres fondateurs de Gladic, membres du jury du concours, ont tenu à exprimer leur satisfaction quant à la qualité du travail accompli par les étudiants. « Nous sommes heureux de découvrir aujourd’hui les valeurs que possèdent nos jeunes, a affirmé le docteur Souad al-Hakim, vice-présidente de l’association. Nous saluons aussi le courage de cette génération qui ne craint pas de s’exprimer en public. » Mme al-Hakim, qui a rappelé que le concours vise à évaluer les recherches autour des figures choisies, et non pas à établir un classement de celles-ci, a noté toutefois la nécessité d’éduquer la jeunesse à faire preuve d’ouverture et de dialogue au niveau de l’écriture et de la rédaction, « qui se caractérise parfois par un style unilatéral ». Une affirmation reprise par le docteur Ahmad Hoteit, qui a déploré certains stéréotypes dans les textes présentés et un manque de spontanéité. De son côté, le Dr Antoine Messarra a estimé que « ce concours constitue un événement exceptionnel ». « Les jeunes nous ont bluffés. Nous nous sommes sentis sur une autre planète loin des disputes confessionnelles. Vous avez montré la vraie image du Liban, une culture du dialogue dont nous avons besoin plus que tout aujourd’hui pour nous immuniser contre les crises de la région », a-t-il affirmé, rappelant que « le dialogue nécessite courage et engagement ». « Nous avons même tourné le dialogue en ridicule au Liban. Il est temps de lui redonner sa juste valeur et de l’appliquer au quotidien », a-t-il dit. M. Messarra a de même noté que le concours a révélé certaines lacunes au niveau du système éducatif, puisque la plupart des collégiens ne se sont pas prononcés sur la manière dont ils ont été affectés par la découverte de ces figures du dialogue, se contentant d’un étalage adoptant une éloquence traditionnelle très académique, qui ne leur ressemble pas.
Pour sa part, Sami Khalifé a transmis aux participants un message du secrétaire du concile pontifical pour le dialogue interreligieux, le père Miguel Ayuso : « Dites aux jeunes de ma part que le pape de l’espérance, François, désire un dialogue de l’amitié et du respect, et que les jeunes seront responsables de l’avenir. » Citant enfin Raimon Pannikar, et appelant les jeunes à appliquer le dialogue islamo-chrétien au quotidien, il a déclaré que « le dialogue est une politique qui ne se borne pas à approfondir et à transformer les idées, mais transforme aussi les actes et les attitudes. Sa place n’est pas seulement la salle de conférences ou le temple, elle s’élargit vers la Cité ».
En fin de journée, un concert, regroupant le ténor Gabriel Abdelnour et les chanteurs Ammar Fallaha, Georgette Sawaya Farah, Gaby Farah, et Antoine Wadih Safi, a clôturé l’événement. Le père Salim Daccache, recteur de l’USJ et président de Gladic, était présent à la remise des diplômes et à l’annonce des résultats, qui se sont présentés comme suit : prix spécial du jury au Collège officiel Fakhreddine et aux établissements de l’imam Moussa Sadr ; troisième prix d’un million de livres libanaises au Collège Erfan, Semkaniyé ; deuxième prix d’un million et demi de livres libanaises au Collège des Saints-Cœurs de Tripoli ; et le premier prix au Collège franco-libanais de Tyr, pour un montant de deux millions de livres libanaises.
Le « vivre ensemble » n’est pas à l’abri des tempêtes confessionnelles et des discordes communautaires au Liban. Le dialogue interreligieux, lui, croule sous trop de discours qui ne savent qu’attiser les tensions confessionnelles. Soucieux d’instaurer une culture de l’unité dans la diversité et de former la nouvelle génération au dialogue constructif, qui reste un devoir national, religieux et moral, le « Groupement libanais d’amitié et de dialogue islamo-chrétien » (Gladic) n’épargne pas ses efforts.En avril 2012 déjà, les « figures du dialogue » étaient à l’honneur lors du colloque international organisé par la faculté des sciences religieuses à l’Université Saint-Joseph. Samedi dernier, c’était au tour de Gladic, fondé depuis bientôt un an, de mettre en avant le rôle de ces figures...
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