Des membres des forces de sécurité en colère ont fermé les terminaux de Rafah. Photo AFP
Cet incident intervient après l’enlèvement jeudi dans le Sinaï de sept soldats et policiers, qui, dans une vidéo depuis retirée du site de partage YouTube, ont indiqué que leurs ravisseurs exigeaient la libération de « militants politiques » bédouins détenus. Cette affaire met sous pression le président islamiste Mohammad Morsi, confronté à la nécessité de rétablir l’ordre dans cette région sensible, frontalière d’Israël et de la bande de Gaza, où l’autorité de l’État apparaît une nouvelle fois bafouée. M. Morsi a rejeté dimanche toute négociation, mais le responsable de la sécurité a indiqué que « les services concernés continuent de préférer le principe de la négociation avec les ravisseurs pour libérer les conscrits enlevés ». La présidence a aussi indiqué hier qu’elle « étudiait l’affaire avec grande minutie pour trouver les moyens les plus adéquats de la résoudre ». « La présidence n’a négocié avec aucun des criminels. Il y a beaucoup d’alternatives sur la table, le but est de libérer les kidnappés et de protéger leurs vies », a affirmé lors d’une conférence de presse Omar Amer, le porte-parole de la présidence. « Toutes les options sont envisageables », a-t-il ajouté, en précisant que « l’Égypte veille à ce qu’aucune goutte de sang ne soit versée ». M. Amer a enfin qualifié de « honteuse » la vidéo dans laquelle apparaissent les otages les yeux bandés et les mains sur la tête.
Des policiers dans plusieurs commissariats du Sinaï ont par ailleurs décidé d’arrêter le travail pour protester contre l’enlèvement de leurs collègues et « par solidarité » avec les membres des forces de sécurité en colère, qui ont fermé les terminaux de Rafah, à la frontière avec l’enclave palestinienne de Gaza, et d’al-Ouga, à la frontière avec Israël, selon la MENA.
La sécurité dans le Sinaï s’est fortement dégradée depuis le soulèvement qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak début 2011, avec une multiplication d’enlèvements et d’attaques. Plusieurs postes de police ont été la cible d’assauts menés par des hommes armés. En août 2012, des hommes armés soupçonnés d’être des jihadistes avaient attaqué un poste-frontière entre l’Égypte et Israël, tuant 16 gardes-frontière égyptiens avant de pénétrer avec un véhicule blindé sur le territoire israélien où ils avaient été neutralisés. L’armée égyptienne s’était peu après massivement déployée dans le Sinaï pour tenter d’y restaurer l’ordre.
(Source : AFP)

