En avril, le tragique effondrement d’un immeuble du secteur textile au Bangladesh avait fait 1 125 morts, jetant une lumière crue sur les conditions épouvantables dans lesquelles travaillent au quotidien les ouvriers de la confection dans certains pays asiatiques. « Tous les jours, plus de 100 ouvriers travaillent là », a déclaré Sokny, ouvrière cambodgienne de 29 ans. « J’ai été si choquée. Je pleurais. J’ai vu du sang venir des décombres. » La police a indiqué qu’elle interrogeait le propriétaire de l’usine, située à 50 kilomètres au sud de Phnom Penh et qui emploie 7 000 ouvriers. Selon une source syndicale, elle fournit la marque d’équipements de sport japonaise Asics et ses investisseurs sont taïwanais.
Les exportations de textile ont rapporté 4,6 milliards de dollars au Cambodge l’an dernier, dans un pays qui se relance lentement après des décennies de guerre civile. Quelque 650 000 ouvriers travaillent dans le secteur, dont 400 000 pour des sociétés exportatrices. Mais des scènes d’évanouissements collectifs ont tiré la sonnette d’alarme depuis deux ans, sur fond de sous-alimentation, de surmenage et de mauvaise ventilation des ateliers. Les grèves et manifestations se sont multipliées. Certaines ont dégénéré comme en février 2012, lorsque trois ouvrières ont été blessées par un homme qui a ouvert le feu.
L’Organisation internationale du travail (OIT) appelle depuis plusieurs mois à un nouvel accord de branche entre gouvernement, patrons d’usine et syndicats. « À part le Bangladesh, le Cambodge est l’un des endroits les moins chers au monde pour produire des vêtements », estimait en mars Jill Tucker, de l’OIT au Cambodge. Après le désastre du Bangladesh, plusieurs grandes marques d’habillement, dont l’Italien Benetton, l’Espagnol Zara, le Britannique Marks and Spencer ou le Suédois H&M, se sont ralliés à un accord sur la sécurité des usines textiles dans ce pays, encore boudé par les grands groupes américains.
(Source : AFP)

