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Moyen Orient et Monde - Révolte

Le conflit syrien a fait plus de 94 000 morts

Un nouveau groupe d’opposants voit le jour ; Damas réclame des éclaircissements sur la conférence internationale.
Plus de 94 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar el-Assad en mars 2011, selon un bilan révisé à la hausse publié hier par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’ONG, qui avait fait état de 82 257 morts dimanche, a expliqué cette hausse par le fait qu’il avait entre-temps reçu des informations venues de régions alaouites, la minorité dont est issu le président Assad, aux mains du régime, plus précisément de Tartous et de Lattaquié. L’OSDH s’appuie sur des chiffres recoupés de sources médicales et militaires. Par ailleurs, le sort de plus de 10 000 personnes détenues dans les geôles du régime et de quelque 2 500 membres de forces prorégime prisonniers des rebelles est inconnu, selon l’OSDH.
D’autre part, un nouveau groupe d’opposants syriens militant pour un État civil et démocratique a vu le jour, a affirmé hier l’un de ses membres, alors que l’opposition au régime Assad apparaît plus fragmentée que jamais. Cette nouvelle formation, baptisée « Union des démocrates syriens » et comprenant des poids lourd comme Michel Kilo, semble être une tentative de contrer l’influence des Frères musulmans, puissante formation au sein de la Coalition de l’opposition, ombrelle rassemblant les adversaires du régime. Le nouveau groupe, lancé lundi au Caire, tiendra dans les prochains mois des réunions pour discuter de sa structure.

Mise en garde de Kerry
En outre, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a affirmé que l’opposition syrienne recevrait « un soutien supplémentaire » si M. Assad refusait de participer à la conférence internationale sur la Syrie que souhaite Washington. « S’il fait un mauvais calcul à ce sujet, tout comme il fait de mauvais calculs sur l’avenir de son pays depuis plusieurs années, il est clair que l’opposition recevra un soutien supplémentaire, il y aura des efforts supplémentaires de faits et malheureusement la violence ne s’arrêtera pas. » M. Kerry n’a précisé ni sous quelle forme ni de qui viendrait cet éventuel soutien. Les États-Unis cherchent à monter avec la Russie une conférence des Nations unies qui réunirait à une même table le régime de Damas et son opposition, pour négocier une issue au conflit armé. Le chef de la diplomatie américaine a répété qu’il espérait qu’elle aurait lieu début juin. À ce sujet, Damas a affirmé vouloir connaître les « détails » de la conférence de paix avant de décider s’il y participerait ou non. Le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, a également réaffirmé que le sort du président Assad était du ressort « du peuple syrien et des urnes », en référence à la présidentielle de 2014 en Syrie. « Nous ne permettrons à personne de nous imposer des conditions (...) touchant au principe de souveraineté (...). La présidence, on en discute entre Syriens seulement », a-t-il dit. Ces propos viennent comme en réponse à une réunion tenue à Abou Dhabi lors de laquelle cinq pays arabes, dont les soutiens régionaux de l’opposition syrienne, et la Turquie ont affirmé que le président Assad n’avait pas sa place dans la future Syrie. Réunis dans la nuit de lundi à mardi, les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte, des Émirats arabes unis, de Jordanie et de Turquie ont évoqué la conférence internationale sur la Syrie proposée par les États-Unis et la Russie, selon l’agence émiratie WAM.

Un Genève 2 est « difficile »
De son côté, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a estimé que l’organisation d’une conférence internationale sur la Syrie réunissant des représentants de l’opposition et du régime est « très difficile », tout en annonçant une série de prochaines rencontres sur la Syrie. « Clairement, la France est pour Genève 2, et en même temps c’est très difficile (...) mais on avance, et la France y prend sa part », a déclaré M. Fabius à la radio RTL, évoquant cette conférence souhaitée par Washington et Moscou. Une réunion des pays impliqués dans le dossier se tiendrait « à la fin de la semaine prochaine », a-t-il dit : « On essaye de travailler (à l’organisation de Genève 2) pour la fin mai. Il y aura des étapes intermédiaires, à la fin de la semaine prochaine probablement en Jordanie, peut-être ensuite à Paris. » Selon une source diplomatique, la réunion en Jordanie rassemblera au niveau ministériel les pays membres du groupe restreint des « Amis du peuple syrien ». Par ailleurs, une réunion de hauts fonctionnaires du P3 (États-Unis, France, Grande-Bretagne) devrait se tenir jeudi prochain et une autre rencontre au niveau P5 (avec la Russie et la Chine) vendredi, dans un lieu pas encore déterminé.
En Jordanie, une source officielle a confirmé que Amman accueillera en milieu de semaine prochaine une réunion ministérielle du groupe des « Amis du peuple syrien ». Les chefs de diplomatie des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Turquie, du Qatar, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d’Égypte, de Jordanie, d’Allemagne et d’Italie participeront à cette réunion, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères sans en préciser la date exacte. Ces onze pays se pencheront sur les moyens de « relancer un processus de règlement politique du conflit après l’annonce de l’accord russo-américain », a ajouté Sabah Refaï.
(Sources : agences
et rédaction)
Plus de 94 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar el-Assad en mars 2011, selon un bilan révisé à la hausse publié hier par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’ONG, qui avait fait état de 82 257 morts dimanche, a expliqué cette hausse par le fait qu’il avait entre-temps reçu des informations venues de régions alaouites, la minorité dont est issu le président Assad, aux mains du régime, plus précisément de Tartous et de Lattaquié. L’OSDH s’appuie sur des chiffres recoupés de sources médicales et militaires. Par ailleurs, le sort de plus de 10 000 personnes détenues dans les geôles du régime et de quelque 2 500 membres de forces prorégime prisonniers des rebelles est inconnu, selon l’OSDH.D’autre part, un nouveau...
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