Le président des Fl, hier, en compagnie de la délégation de la Ligue maronite (photo Aldo Ayoub).
Le Premier ministre désigné Tammam Salam continue de distribuer des ondes positives et semble plus que jamais déterminé à mener à bien sa mission... Durant les dernières vingt-quatre heures, nombre d’obstacles auraient en effet été aplanis, selon certaines sources, ce qui aurait ouvert la voie à la rencontre nocturne qui a eu lieu hier soir entre M. Salam et le ministre sortant Gebran Bassil, émissaire du chef du Courant patriotique libre, le député Michel Aoun, à Mousseitbé. Une rencontre qui devrait être rapidement suivie d’une seconde dans les heures à venir, de sources bien informées. M. Salam a également rencontré hier, pêle-mêle, les anciens ministres Marwan Kheireddine, Antoine Karam et Sélim Wardy, ainsi que l’ancien député Marwan Abou Fadel.
Tammam Salam a jusqu’à présent réussi à imposer les conditions suivantes : le cabinet sera formé de politiques, mais pas trop « voyants », non partisans et non candidats aux prochaines élections législatives. Surtout, le Premier ministre insiste sur le principe de l’alternance au niveau de la répartition des portefeuilles qui ne seront pas l’apanage de telle ou telle partie ou communauté. Il a également accepté le principe selon lequel la mission de son gouvernement ne sera pas uniquement de gérer les élections, mais d’affronter une période particulièrement critique de l’histoire du pays avec son lot de dossiers piégés. Si bien qu’il est désormais question de savoir selon quelles proportions les différents camps seront représentés au sein du cabinet de 24 ministres. Plusieurs formules sont actuellement en cours de discussion, mais la plus plausible reste une formule de 10 ministres proches du 14 Mars, sept ministres pour l’équipe neutre et sept ministres proches du 8 Mars.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, aurait de nouveau exprimé, selon les députés qu’il a reçus hier, son optimisme concernant la formation prochaine d’un cabinet d’union nationale représentant l’unanimité réalisée autour de la nomination de Tammam Salam. Optimisme peu réaliste et « infondé » en fait : des sources du 8 Mars, citées par l’agence al-Markaziya, indiquent que le processus de formation du cabinet prendra encore un certain temps, « pas moins d’un mois en tout cas ». « Tout ce qui a été dit jusqu’à présent concernant un climat positif n’est que paroles visant à calmer les esprits et à ôter la pression de sur les épaules du Premier ministre désigné », ajoutent ces sources.
Des propos qui rejoignent le pessimisme du député Ahmad Fatfat (courant du Futur), pour qui « il n’y aura pas de gouvernement de sitôt ».
La loi électorale
Le climat est en revanche beaucoup moins reluisant concernant la possibilité de relancer les démarches pour l’élaboration d’une nouvelle loi électorale. Nabih Berry, qui a déploré la suspension des travaux de la sous-commission parlementaire, a promis d’œuvrer sans relâche pour réactiver ce dossier, estimant qu’il ne faut reculer devant aucun effort pour tenter de parvenir à un accord sur une loi consensuelle.
Cependant, en se basant sur les déclarations des différentes parties impliquées, il ne semble pas avoir grande place actuellement pour de l’espoir ou de l’optimisme – fondés ou pas – à ce niveau.
« Nous allons nous concerter entre nous au sein du 8 Mars pour étudier les démarches à suivre et les options qui se présentent. Dans deux jours, la situation devrait être plus claire », a indiqué le député Ali Fayad (Hezbollah), en estimant que Nabih Berry allait multiplier ses contacts dans les jours à venir avec les différentes forces politiques pour décider de la marche à suivre. Pour M. Fayad, l’impasse à laquelle est parvenue la sous-commission « ouvre désormais la voie à toutes les possibilités », l’une d’entre elles étant, évidemment, « d’aller en séance plénière pour voter la proposition orthodoxe ». Même son de cloche du côté du député Hikmat Dib (CPL) pour qui la tenue d’une séance plénière de la Chambre s’impose avant le 15 mai pour voter les différents projets de loi électorale, s’il y a une impossibilité de parvenir à un accord. « Si l’on nous présente un projet qui donne les mêmes résultats que la loi orthodoxe, nous serons les premiers à l’adopter », a-t-il dit, alors même que le député Hagop Pakradounian (Tachnag) affirmait que le CPL « n’a pas fermé la voie aux discussions sur le projet mixte ».
Les perspectives restent cependant bien sombres, à en croire les députés Ahmad Fatfat et Ammar Houry (courant du Futur). « L’autre camp n’a pas l’intention de permettre l’adoption d’une loi électorale, affirme M. Fatfat. Le CPL et le Hezbollah ont rejeté toutes les propositions, a-t-il dit. Il existe une conviction que le Hezbollah vise à créer le vide au niveau des institutions, afin qu’à un moment donné, il réclame une Constituante et obtienne l’abolition de l’accord de Taëf, en se basant sur la puissance dont il dispose (...). Il se peut qu’on arrive, le 20 juin, à une situation sans Chambre des députés... même pas avec prorogation de mandat. »
Le député Houry s’est fait l’écho de cette crainte, estimant que, pour la même raison – imposer une Constituante par l’état de fait – le Hezbollah tente d’entraver la formation du cabinet. « Nous nous opposerons par tous les moyens démocratiques à ce vide dont le Hezbollah et ses alliés assument la responsabilité », a-t-il dit, affirmant que « si, le 19 mai, il n’y pas d’accord sur une loi électorale, la loi de 1960 sera de nouveau en vigueur ».
« Les élections en juin sont désormais impossibles », a constaté pour sa part le député Robert Ghanem, alors même que le président de la Ligue maronite, Samir Abillamaa, affirmait, à l’issue de sa rencontre avec le président des Forces libanaises, Samir Geagea, à Meerab, que « les élections devraient à tout prix avoir lieu ».
Tammam Salam a jusqu’à présent réussi à imposer les...



Ils soufflent le chaud et le froid maybe, mais vont se retrouver en fin de compte "Vitrifié" comme à l'habitué ; yâ hassértéhhh !
21 h 35, le 25 avril 2013