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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Musharraf cède et se rend au QG de la police

Des journalistes campent devant la maison de Pervez Musharraf. Faisal Mahmood/Reuters

L’ex-président Pervez Musharraf était interrogé hier au quartier général de la police pakistanaise à Islamabad après avoir été placé en résidence surveillée par la justice, une première pour un ancien chef des armées qui assombrit davantage son avenir politique.
La justice avait ordonné hier matin la détention préventive pour deux jours de l’ancien chef de l’État, accusé d’avoir limogé illégalement des juges lorsqu’il était au pouvoir. Un magistrat avait précisé que M. Musharraf pouvait rester dans sa villa en banlieue d’Islamabad pendant ces deux jours. Mais en milieu de journée, l’ancien président a été transféré au QG de la police pour être « interrogé », a indiqué un haut responsable des forces de l’ordre.
Il s’agit d’une humiliation de plus pour l’ancien général, au pouvoir grâce à son coup d’État en 1999 à sa démission en 2008, et dont le retour au pays, le mois dernier après quatre ans d’exil pour participer aux élections législatives du 11 mai, tourne au fiasco. M. Musharraf s’était présenté jeudi matin à une audience pour la prolongation de sa liberté sous caution qui lui avait été accordée à son retour dans l’affaire du limogeage des juges. Mais le tribunal avait refusé sa demande et ordonné son arrestation, le juge en charge de l’affaire estimant que M. Musharraf avait répandu « la peur dans la société », « l’insécurité chez les magistrats » et « le terrorisme à travers le Pakistan » lorsqu’il était au pouvoir.
Une première pour ce pays abonné aux coups d’État militaires : jamais la justice n’avait jusque-là ordonné l’arrestation d’un ancien chef d’état-major de l’armée, considérée comme l’institution la plus puissante du pays. L’ancien président avait toutefois échappé à l’arrestation en quittant immédiatement le tribunal sous la protection de ses gardes du corps, pour s’enfuir dans son 4x4 noir devant des policiers ahuris. Il était retourné dans sa somptueuse villa. Ses avocats avaient alors annoncé qu’ils feraient appel de la décision du juge vendredi auprès de la Cour suprême, en affichant leur optimisme.
M. Musharraf s’est finalement mis en règle hier matin en se présentant à nouveau devant la justice, qui a prononcé sa détention préventive mais l’a laissé repartir chez lui, actant de facto sa mise en résidence surveillée.
L’ancien président, qui prône un renforcement de l’armée pour rétablir l’ordre et la croissance dans le pays, espérait se porter candidat aux élections législatives du 11 mai, un test crucial pour ce pays coutumier des coups d’État. Mais un tribunal pakistanais a exclu cette semaine sa candidature en estimant qu’il avait plusieurs fois « violé la Constitution » lorsqu’il était au pouvoir.

(Source : AFP)
L’ex-président Pervez Musharraf était interrogé hier au quartier général de la police pakistanaise à Islamabad après avoir été placé en résidence surveillée par la justice, une première pour un ancien chef des armées qui assombrit davantage son avenir politique.La justice avait ordonné hier matin la détention préventive pour deux jours de l’ancien chef de l’État, accusé d’avoir limogé illégalement des juges lorsqu’il était au pouvoir. Un magistrat avait précisé que M. Musharraf pouvait rester dans sa villa en banlieue d’Islamabad pendant ces deux jours. Mais en milieu de journée, l’ancien président a été transféré au QG de la police pour être « interrogé », a indiqué un haut responsable des forces de l’ordre.Il s’agit d’une humiliation de plus pour l’ancien général, au pouvoir...
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