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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Vénézuélienne

Capriles sous la pression de Maduro et de la communauté internationale

Le TSJ affirme que le comptage manuel des bulletins de vote n’existe pas.

Des sympathisants du président élu Nicolas Maduro ont manifesté hier à Los Teques, capitale de l’État de Miranda. Geraldo Caso/AFP

Le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro, a augmenté la pression hier sur le chef de l’opposition Henrique Capriles pour l’inciter à reconnaître sa défaite. Héritier du défunt dirigeant socialiste Hugo Chavez, M. Maduro, dont la victoire reste contestée par l’opposition, doit se réunir avec les gouverneurs du pays pour afficher son autorité, tandis que ses fidèles étaient appelés à de nouveaux rassemblements, notamment devant la résidence du gouverneur Capriles, à Los Teques, capitale de l’État de Miranda. M. Capriles a alors accusé « l’illégitime » (surnom qu’il a donné à M. Maduro) d’envoyer des partisans « attaquer » sa résidence officielle, dans un message sur Twitter. « Quoi qu’il m’arrive à la résidence officielle à Los Teques, ce sera de la responsabilité de Nicolas Maduro ! » a ajouté le jeune avocat de 40 ans qui a annulé un rassemblement hier à Caracas après les manifestations ayant fait lundi soir sept morts et une soixantaine de blessés, selon les autorités. Le président élu a répondu par le même canal, affirmant que « la droite montait des groupes avec des chemises rouges (la couleur des chavistes) pour simuler des attaques » et a dit avoir « alerté tous les services de sécurité ». « J’appelle le peuple à isoler les fascistes et les violents où qu’ils soient, et la justice à punir les crimes et les destructions. Paix, paix », a écrit M. Maduro.
Le point d’orgue de la mobilisation « chaviste » doit intervenir demain au cours de l’investiture du nouveau président à Caracas. Le ministre de la Communication, Ernesto Villegas, a annoncé qu’au moins 15 pays enverraient une délégation de « haut niveau », même si seul le dirigeant bolivien, Evo Morales, a confirmé sa venue. L’élection de M. Maduro a déjà été saluée par la plupart des pays d’Amérique latine, mais les États-Unis ont appuyé la demande d’un nouveau comptage des suffrages. Toutefois, le comptage manuel des votes n’« existe pas » au Venezuela et ne peut donc être réalisé pour la présidentielle de dimanche, comme le réclame l’opposition, a annoncé hier le Tribunal suprême de justice (TSJ), la plus haute instance judiciaire du pays. « Depuis la Constitution de 1999, le processus manuel pour les élections a été supprimé. Au Venezuela, le système électoral est totalement automatisé, de sorte qu’un comptage manuel n’existe pas », a ainsi déclaré la présidente du TSJ, Luisa Estela Morales, au cours d’une conférence de presse. Battu d’une courte tête, M. Capriles réclamait auprès du Conseil national électoral (CNE) le comptage manuel des bulletins émis par les machines de vote électroniques. « Les gens qui ont cru qu’un tel comptage aurait pu être réalisé ont été trompés », a affirmé Mme Morales, déplorant que certains aient été « incités à lancer une bataille sans fin dans les rues ». Le CNE, qui a proclamé la victoire de M. Maduro, avait précisé que 54 % des urnes avaient fait l’objet d’un nouveau comptage, mais que les bulletins papier n’étant qu’un reçu complémentaire au vote électronique, il n’était pas nécessaire de recompter l’ensemble des bulletins pour annoncer un résultat définitif.
La France a donc « pris acte » hier de la victoire de M. Maduro en rappelant que le Conseil national électoral était « l’autorité compétente ». L’Union européenne a aussi « pris note » hier de l’annonce de l’élection de M. Maduro par le CNE, tout en soulignant que les recours déposés par l’opposition devaient être pris en compte. « Il est important que le résultat de l’élection puisse être accepté par tous et que les recours soient dûment examinés par les autorités compétentes du Venezuela », a insisté la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.
De son côté, l’Organisation des États américains (OEA) a fait état de sa « profonde inquiétude » pour les violences dont l’opposition et le pouvoir se sont mutuellement accusés. Depuis le début de la crise, les autorités vénézuéliennes ont annoncé avoir procédé à l’arrestation de plus de 130 personnes, ainsi que d’un groupe restreint de militaires soupçonnés de comploter avec l’opposition. Le gouvernement n’a pas exclu que M. Capriles soit lui-même l’objet d’une enquête, le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, l’un des piliers du régime, s’étant engagé en faveur de l’ouverture d’une « enquête pénale » à son encontre à la suite de la mort de manifestants.

(Source : AFP)
Le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro, a augmenté la pression hier sur le chef de l’opposition Henrique Capriles pour l’inciter à reconnaître sa défaite. Héritier du défunt dirigeant socialiste Hugo Chavez, M. Maduro, dont la victoire reste contestée par l’opposition, doit se réunir avec les gouverneurs du pays pour afficher son autorité, tandis que ses fidèles étaient appelés à de nouveaux rassemblements, notamment devant la résidence du gouverneur Capriles, à Los Teques, capitale de l’État de Miranda. M. Capriles a alors accusé « l’illégitime » (surnom qu’il a donné à M. Maduro) d’envoyer des partisans « attaquer » sa résidence officielle, dans un message sur Twitter. « Quoi qu’il m’arrive à la résidence officielle à Los Teques, ce sera de la responsabilité de Nicolas...
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