« C’est un organe consultatif et non décisionnel », a tempéré le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, faisant valoir que la curie n’est nullement rétrogradée « au second plan » ni « ses responsabilités réduites ». Par un bref communiqué, la secrétairerie d’État (organe central du gouvernement du Vatican) a confirmé que le pape allait engager une réforme de la curie. Jusqu’à présent, il s’était contenté de faire des gestes forts pour une Église plus miséricordieuse, pauvre et missionnaire.
Les personnalités choisies forment un éventail représentatif d’une Église de 1,2 milliard de baptisés sur les cinq continents. Leur coordinateur sera le cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa et président de Caritas Internationalis. Le Hondurien est considéré comme étant un partisan des réformes sociales. L’autre Latino-Américain est l’archevêque émérite de Santiago du Chili, Francisco Javier Errazuriz Ossa. Également originaire du Nouveau Monde, le cardinal capucin de Boston Sean O’Malley, connu pour sa fermeté dans la lutte contre la pédophilie et cité avant le dernier conclave parmi les « papabili », fait de même une entrée remarquée dans ce conseil. Deux Européens y seront présents : le président italien du gouvernorat du Vatican, Giuseppe Bertello, nommé par Benoît XVI, et l’archevêque de Munich, Reinhard Marx. Les archevêques de Bombay, Oswald Gracias, de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, et de Sydney, George Pell, sont aussi dans ce groupe de sages.
Ces cardinaux vont aider le pape à réviser la Constitution apostolique « Pastor Bonus » promulguée par Jean-Paul II en 1988 pour la curie romaine, un organe que Benoît XVI n’avait pas su réformer.
Alors que les finances vaticanes sont dans le rouge, la curie est un ensemble d’une vingtaine de ministères et conseils, au fonctionnement compliqué. La première réunion du groupe aura lieu du 1er au 3 octobre, mais le souverain pontife est déjà en contact personnel avec les huit cardinaux. François semble vouloir prendre son temps, agissant de manière ordonnée et sans fébrilité.
Parallèlement, le pape François a appelé hier les fidèles rassemblés place Saint-Pierre à prier pour les chrétiens qui sont « très très nombreux » dans le monde à « souffrir de persécutions ». « Prions pour eux, avec l’amour dans notre cœur », a dit le pape avant de réciter le Regina Coeli avec une foule de quelque 80 000 personnes réunies sous un grand soleil au Vatican. « Qu’ils sentent la présence vivante et réconfortante du Seigneur ressuscité. »
(Source : AFP)

