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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Le G8 reste divisé sur la Syrie

Accord historique sur la lutte contre les violences sexuelles en zone de conflit.

Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), et le chef de la diplomatie britannique William Hague.  Leon Neal/AFP

Le G8 a menacé hier la Corée du Nord de nouvelles sanctions en cas de tir de missile, mais n’a pu que constater la permanence de ses divisions sur la Syrie, selon le chef de la diplomatie britannique William Hague. Réunis à Londres, les ministres des Affaires étrangères des pays les plus riches (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon et Russie) se sont dit dans le communiqué final « atterrés par le nombre de morts » en Syrie, évalués à 70 000 par l’ONU, mais aucune mention n’est faite de la question de la livraison d’armes aux rebelles, qui continue à diviser les Occidentaux.
Ce sujet a pourtant été au centre des entretiens la veille à Londres entre plusieurs ministres du G8 – William Hague, Laurent Fabius (France) et John Kerry (États-Unis) – et des représentants de l’opposition syrienne, qui réclame des armes pour parvenir à renverser le régime de Bachar el-Assad. Le secrétaire d’État américain avait simplement fait savoir ensuite qu’il « n’avait rien promis ». Les États-Unis fournissent une aide humanitaire conséquente à la Syrie, mais ont jusqu’à présent écarté l’idée de livrer des armes à l’opposition, craignant qu’elles ne tombent aux mains des extrémistes. Ces craintes, exprimées par plusieurs autres pays dont la France, ont été attisées par l’annonce de l’allégeance à el-Qaëda du Front jihadiste al-Nosra, en première ligne contre le régime syrien.
La Russie continue, elle, à soutenir contre vents et marées le président Bachar el-Assad. « Le monde a échoué pour l’instant à assumer ses responsabilités en Syrie et continue dans cette voie », a donc reconnu William Hague, qui craint que ce conflit ne débouche sur la « plus grande catastrophe humanitaire du XXIe siècle ». M. Hague, qui avait défendu ces dernières semaines la levée de l’embargo européen sur les livraisons d’armes, a simplement indiqué que le Royaume-Uni discuterait de cette question avec ses partenaires « d’ici à la fin mai », date à laquelle l’UE doit réexaminer ses sanctions, dont l’embargo, contre la Syrie. Le G8 s’est par ailleurs déclaré « profondément préoccupé » par le programme nucléaire iranien. « Nombre de ministres ont dit clairement que la fenêtre de la diplomatie ne resterait pas ouverte éternellement », a souligné M. Hague.

Quelque 36 millions de dollars
Il s’est en revanche réjoui de l’« accord historique » conclu hier sur la lutte contre les violences sexuelles en zone de guerre, lors d’une conférence de presse en présence des sept autres ministres des pays du G8, de l’actrice Angelina Jolie et de Zainab Hawa Banqura, la représentante spéciale de l’ONU chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés. « Nous avons adopté une déclaration historique établissant que le viol et les violences sexuelles en zone de conflit sont des infractions graves à la Convention de Genève au même titre que les crimes de guerre », a-t-il énoncé. Il a également annoncé l’établissement « d’un protocole international sur les enquêtes en matière de viol et de violences sexuelles en zone de conflit », qui sera « initié cette année » par le Royaume-Uni avec l’aide « d’experts internationaux ». « Troisièmement, nous avons déclaré qu’il ne devrait jamais y avoir d’amnistie pour les violences sexuelles lors des accords de paix », a-t-il affirmé. « Nous avons besoin de cet engagement pour mettre un terme au fait que les viols et violences sexuelles soient traités comme un problème secondaire, et pour mettre les femmes et les droits des femmes au centre des résolutions des conflits », a-t-il fait valoir. Pour mener à bien ces missions, M. Hague a également annoncé « de nouveaux financements disponibles immédiatement » d’un « montant de 36 millions de dollars ». « Nous avons une opportunité sans précédent de briser les reins de ce mal séculaire », a affirmé Zainab Hawa Banqura. « Les violences sexuelles en zone de conflit ne sont pas une fatalité, les éradiquer n’est pas mission impossible », a-t-elle martelé, appelant à ce que cet accord permette de « mettre un terme à ce fléau pour l’humanité ». « Aujourd’hui, la voix des victimes a été entendue », a quant à elle déclaré Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). « Je salue la position, longuement attendue, prise aujourd’hui par le G8 », a-t-elle ajouté.

(Source : AFP)
Le G8 a menacé hier la Corée du Nord de nouvelles sanctions en cas de tir de missile, mais n’a pu que constater la permanence de ses divisions sur la Syrie, selon le chef de la diplomatie britannique William Hague. Réunis à Londres, les ministres des Affaires étrangères des pays les plus riches (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon et Russie) se sont dit dans le communiqué final « atterrés par le nombre de morts » en Syrie, évalués à 70 000 par l’ONU, mais aucune mention n’est faite de la question de la livraison d’armes aux rebelles, qui continue à diviser les Occidentaux.Ce sujet a pourtant été au centre des entretiens la veille à Londres entre plusieurs ministres du G8 – William Hague, Laurent Fabius (France) et John Kerry (États-Unis) – et des représentants de...
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