« Seul un malade mental pourrait avoir une envie irréfrénable de gouverner en ce moment », a déclaré M. Bersani lors de ses consultations avec une délégation du Mouvement cinq étoiles (M5S), en allusion à la crise économique et sociale que traverse le pays. « Je suis prêt à assumer une responsabilité énorme, mais je demande à tous les autres d’en prendre une toute petite part », a-t-il ajouté au cours de cet entretien avec le mouvement de l’ex-comique.
L’économie italienne est en récession depuis six trimestres et les élections de fin février, qui se sont achevées sans une majorité politique claire au Parlement, ont entraîné une hausse du spread, la différence des taux d’intérêt payés par l’Italie et l’Allemagne.
Cette hausse s’est cependant arrêtée dans les jours qui ont suivi les résultats, que les marchés semblent avoir digérés.
Mais le temps presse et M. Bersani doit former un gouvernement ou passer le relais à quelqu’un d’autre.
« Il est évident que l’instabilité politique n’aide pas dans une situation pareille », a déclaré à l’AFP Marcello Messori, professeur d’économie à l’université romaine Luiss, qui craint un exécutif instable : « Le pays n’a pas besoin d’un gouvernement à l’espérance de vie très courte. »
M. Bersani a entamé samedi des consultations pour tenter de former un gouvernement et sortir le pays de l’impasse dans laquelle il est plongé depuis les législatives.
La coalition de gauche de M. Bersani, devenue la première force politique du pays, dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés, mais pas au Sénat, où elle recherche, en vain jusqu’ici, un accord avec le M5S.
Hier encore, la délégation du mouvement qui cristallise le vote protestataire a opposé un nouveau « non » catégorique à tout soutien à M. Bersani.
Le mouvement de l’ex-comique, qui a remporté environ un quart des voix, revendique le poste de chef du gouvernement et rejette toute alliance.
La droite de Silvio Berlusconi, arrivée deuxième au scrutin des 24 et 25 février, devant le M5S, propose en revanche depuis des semaines une coalition à M. Bersani, mais ce dernier s’y refuse.
M. Bersani achèvera ses consultations aujourd’hui en fin de matinée et devrait se rendre chez le président de la République Giorgio Napolitano soit dans la soirée, soit demain.
En l’absence d’une majorité au Sénat acquise par avance, M. Napolitano peut offrir à M. Bersani la possibilité de tenter sa chance devant la Chambre haute ou confier le mandat à une autre personnalité.
(Source : AFP)

