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Moyen Orient et Monde - Libertés Civiles

Vague énorme et sans précédent d’inspections d’ONG en Russie

Une campagne de vérification vivement critiquée par l’UE.
Les autorités russes ont fait irruption hier dans le bureau moscovite de l’ONG Human Rights Watch, dont le siège est à New York, dans le cadre d’une vaste campagne de vérification des ONG en Russie, vivement critiquée par l’Union européenne (UE).
La directrice de HRW pour l’Europe et l’Asie centrale, Rachel Denber, a indiqué dans un e-mail à l’AFP que trois responsables du parquet et un représentant du fisc russes avaient entamé hier une « inspection non prévue » dans les locaux de l’association à Moscou.
Les bureaux des ONG Civic Assistance (aide aux réfugiés), Transparency International (lutte contre la corruption) et Agora (défense des droits de l’homme) ont également fait l’objet de contrôles inopinés hier, a-t-elle ajouté.
« Cela s’inscrit dans le cadre d’une vague énorme et sans précédent d’inspections d’ONG en Russie, qui accentue la pression sur la société civile à la suite de l’adoption l’an passé d’une série de lois restrictives » sur le plan des libertés, a souligné la responsable de HRW.
Ces contrôles sont liés à une loi entrée en vigueur fin 2012, quelques mois après le retour au Kremlin de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.
Ce texte oblige les ONG bénéficiant d’un financement étranger et ayant une activité politique à se faire inscrire sur un registre « d’agents de l’étranger » et à se présenter en tant que tel dans toute activité publique.
Les autorités russes ont entamé la semaine dernière une série d’inspections d’ONG parmi lesquelles la principale ONG des droits de l’homme en Russie, Memorial, ainsi que l’antenne moscovite d’Amnesty International.
De nombreuses ONG, comme Memorial, refusent de se faire enregistrer en tant qu’« agent de l’étranger », un qualificatif qui à l’époque stalinienne était appliqué aux « ennemis du peuple » envoyés dans les camps ou fusillés.
Un tel refus est aujourd’hui passible pour les responsables d’ONG d’une peine allant jusqu’à deux ans de camp.
Une centaine d’organisations non gouvernementales aux activités diverses (droits de l’homme, défense des homosexuels, écologie), de Moscou à l’Extrême-Orient russe en passant par Saint-Pétersbourg et la Tchétchénie, ont été visées jusqu’ici par ces contrôles perçus comme des mesures d’intimidation et qui ont suscité des inquiétudes à l’étranger.
La France a demandé hier à l’ambassade de Russie à Paris de fournir « des explications sur les enquêtes en cours portant sur une série d’organisations, parmi lesquelles plusieurs Alliances françaises », organismes donnant des cours de français et chargés de la diffusion de la culture francophone.
Plusieurs bureaux de l’Alliance française en Russie ont été contrôlés mardi par les autorités, de même que les locaux à Moscou de la Fondation allemande Friedrich-Ebert, la plus importante d’Allemagne, et ceux de la Fondation Konrad-Adenauer à Saint-Pétersbourg.
Berlin a indiqué hier suivre ces développements avec « une grande inquiétude ».
« Nos fondations et leurs partenaires dans la société civile russe apportent une contribution significative aux relations entre l’Allemagne et la Russie. Toute mesure qui gênerait, voire qui criminaliserait leur activité importante, dégraderait cette relation », a mis en garde Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
La représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a estimé que ces inspections « menées en vertu de fondements juridiques flous étaient inquiétantes, car elles semblent être destinées à fragiliser les activités de la société civile » en Russie.
« Ces actes, qui s’ajoutent à la récente série de lois restreignant les libertés civiles de la population russe, à l’accroissement de poursuites visant des militants, aux procès politiques, ainsi qu’à l’absence de réactions dans certaines affaires de violation des droits de l’homme, constituent une évolution profondément troublante », a déclaré M. Ashton dans un communiqué.
Le dirigeant de l’ONG russe Pour les droits de l’homme, Lev Ponomarev, a indiqué hier avoir été convoqué au parquet à la suite d’une inspection lundi dans les locaux de l’association qu’il a qualifiée d’« illégale ».
De son côté, Memorial a indiqué sur sa page Facebook que lors d’un contrôle dans ses locaux à Saint-Pétersbourg, les inspecteurs avaient été jusqu’à réclamer les carnets de vaccination contre la rougeole du personnel et les certificats concernant la dératisation des locaux.
(Source : AFP)
Les autorités russes ont fait irruption hier dans le bureau moscovite de l’ONG Human Rights Watch, dont le siège est à New York, dans le cadre d’une vaste campagne de vérification des ONG en Russie, vivement critiquée par l’Union européenne (UE).La directrice de HRW pour l’Europe et l’Asie centrale, Rachel Denber, a indiqué dans un e-mail à l’AFP que trois responsables du parquet et un représentant du fisc russes avaient entamé hier une « inspection non prévue » dans les locaux de l’association à Moscou.Les bureaux des ONG Civic Assistance (aide aux réfugiés), Transparency International (lutte contre la corruption) et Agora (défense des droits de l’homme) ont également fait l’objet de contrôles inopinés hier, a-t-elle ajouté.« Cela s’inscrit dans le cadre d’une vague énorme et sans...
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